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sylvie brigadier général

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Joined: 02 Oct 2006 Posts: 6,885
sexe:  Signe du Zodiaque:  Signe Chinois:  Localisation: Au-dessus de l'Océan
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Posted: 02/10/2006 18:33:52 Post subject: La Croisée des Destins |
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Auteur : Sylvie Catégorie : drame - en cours d'écriture… Rating : PG 13 ans par principe. Personnages: Harm, Mac, et les principaux personnages de la série. Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de DBP et Bellissarius Production. Je n'ai fait que les emprunter………..Etc.. D'autres personnages appartenant à d'autres séries sont également intégrés. Il sera procédé à une rectification du disclaimer à la fin de la fic. Résumé : D'une certaine façon, la suite de "Papa Charlie" ….. NDA : Cette histoire se déroule donc après la fin de la série... La suite d'une "11e saison"… J'ai pris quelques libertés avec la série par manque de connaissance en particulier pour certains des lieux de l'intrigue. J'ai utilisé l'écriture italique pour les "flash back."

Posée à flan de coteaux, la maison cossue, luxueuse mais sans ostentation, aurait pu se trouver en Provence, ce coin du Sud de la France bordé par les rivages dorés de la Méditerranée.
Les propriétaires de la villa devaient être amoureux de ce pays béni des dieux : le toit de tuiles rondes, le crépi ocré, la végétation luxuriante et multicolore, tout rappelait le pays de Mistral et de Pagnol, y compris le tissu provençal recouvrant les coussins des fauteuils de la terrasse... Dans le jardin, quelques mètres plus bas, une piscine en déversoir semblait plonger dans l'infini du Pacifique...
Allongée dans une balancelle, une femme dormait. Malgré les années, elle n'avait rien perdu de sa beauté, ni de son élégance, en témoignait la longue robe couleur de ciel que le vent faisait virevolter de temps à autres.
Quelques fines rides marquaient son visage légèrement hâlé et à peine fardé. Elle paraissait paisible, pourtant à y regarder de plus près il était aisé de constater que son visage était agité de crispations. Des larmes perlaient sous les longs cils baissés. Elle rêvait... Et ses rêves tenaient du cauchemar....
Ferme de Belleville - Pennsylvanie - Janvier 1970 "Il fait un froid de loup aujourd'hui. Et cette neige depuis plus d'un mois, nous serions aussi bien au coin de la cheminée. Le chemin est glissant, il me faut faire attention. Où est Harm, il n'y a pas moyen de le tenir à mes côtés.. - Harm ! Où es-tu ? Attends moi, çà glisse et tu risques de tomber…. Harm ! Chéri, répond moi…
Où peut-il bien être ? Je presse le pas et m'approche d'un des hangars à fourrage. Ce gamin se faufile partout, mais cet endroit est un de ses repères favoris. - Chéri ce n'est plus drôle, viens, il nous faut rentrer.
Je m'avance sous l'immense bâtiment. Rien. Tout à coup j'entends comme un gémissement. Je me dirige dans la direction du bruit…. - Harm !… Mon Dieu ! Que fais-tu là mon bonhomme ?
Son petit visage est inondé de larmes. Un énorme sanglot gonfle sa poitrine pour éclater quand il vient se jeter contre moi. Je suis désemparée devant ce chagrin d'enfant. - Ne pleure pas mon Chéri… Dis-moi ce qui te tourmente . - Je veux mon Papa… Gram pleure, toi tu pleures… Je veux mon Papa pour qu'il vienne vous consoler. - Papa ne peux pas venir mon Chéri. Je te l'ai dit. Tu sais bien que s'il le pouvait, il serait là. - Pourquoi Oncle Tom est revenu et pas mon Papa ! Ils viennent toujours tous les deux…. Et Papa n'envoie plus de lettre où il parle… Son petit corps est à nouveau secoué de sanglots… Comment expliqué à un enfant si jeune, l'inexplicable ? Je m'aperçois que mes larmes se mêlent aux siennes. Je le serre contre moi. Mon bébé…Serai-je assez forte pour supporter ton chagrin et le mien ? Il aurait tant aimé te voir grandir. T'apprendre la vie, te faire découvrir la nature, les animaux. Tous les coins de cette ferme qu'il aimait tant…. Et puis aussi voler !… Oui voler… Comme tes grands pères et lui… avant toi…."
Résidence Burnett - La Jolla Californie - 10.12.2005
- Trich !… Trich ! On te demande au téléphone…. Elle sursaute, entendant la voix familière. - J'ai dû m'endormir, qui appelle ? - Et bien réponds. C'est Harm au téléphone, avec Mac. - Harm ! Je lui ai parlé il y a 3 ou 4 jours… Il est avec Sarah ? C'est une bonne nouvelle j'espère… - Oui ! Dépêche toi… Ils appellent d'Europe ! Frank lui expose en deux mots que les deux amis en enfin fait la paix et dans le meilleurs sens du terme - Comment vas-tu mon grand et Sarah ? - Bonjour Maman, tu as entendu ce que je viens d'annoncer à Frank. Tu es heureuse, je pense ? - Comment ne pas l'être Harm. Tu sais que j'en ai toujours rêvé ! Quand venez-nous nous rendre visite ? - Nous venons à Washington passer les fêtes avec Mattie, nous essaierons d'aller jusqu'à La Jolla… - Nous vous attendons impatiemment, à bientôt mon Chéri... - A bientôt Maman, je vous appelle dès que je rentre… vers le 15 probablement.
Trich raccrocha le téléphone. Elle était émue à en pleurer. Frank l'observait, attendant sa réaction aux paroles d'Harm... Il en avait presque oublié le véritable motif de l'appel de son beau-fils. - Et bien ma Chérie, tu ne dis rien ? - J'ai tellement attendu ce moment, que j'ai du mal à y croire. Sais-tu si Harm a averti Sergei et Lauren ? - Je n'ai pas de certitude, mais je pense que oui. Ils sont proches et les deux femmes semblent s'apprécier, alors je crois, qu'après nous, ils ont dû appeler à San Diego. - J'ai hâte de les voir. S'ils viennent avec Mattie, il faut préparer la chambre du bas afin qu'elle puisse utiliser son fauteuil roulant sans difficultés. Elle marche, mais elle a encore besoin de cette assistance quand elle est fatiguée. - Nous verrons cela dès demain, tu as raison. Il suffira simplement de déplacer quelques objets. Ce sera très simple. Ne t'inquiète pas ma Chérie...
Trich écoutait Frank, partageant son avis. Elle n'aurait su dire pourquoi, mais le visage de son époux ne reflétait pas la joie qu'il aurait dû. Tout comme elle pourtant, il souhaitait depuis des années voir Harm vivre pleinement sa vie d'homme. Tous deux savaient que seule Sarah pourrait lui apporter cet épanouissement, contrairement aux différents conquêtes qui avaient jalonnées sa vie depuis la mort de Diane... L'un et l'autre mesuraient sa réussite professionnelle, mais aussi le fiasco qu'avait été sa vie privée, à l'exception de Mattie.
Serait-ce enfin un nouvelle vie qui commence pour lui. Cette petite Sarah était la belle-fille dont elle rêvait depuis le jour où elle l'avait rencontrée... - Enfin ! Depuis le temps, je commençais à désespérer. Ils sont amoureux depuis si longtemps. Mais ils savent mieux que moi ce qui est bien pour eux. N'est-ce pas Frank ?
Il acquiesça, d'une oreille distraite. Il ne pouvait pas croire au récit qu'Harm venait de lui faire, et pourtant... Comment allait-il réussir à regarder Trich en face en taisant ce secret. Il n'avait aucune idée de sa réaction quand elle apprendrait à son tour l'incroyable nouvelle...
Comment réagirait-elle ? Elle était solide certes, la vie ne l'avait pas épargnée. Mais il avait appris à ses dépens qu'il ne fallait pas se fier aux apparences, il se souvenait de sa réaction quand Harm avait eu ce terrible accident de vol... Elle avait eu beaucoup de mal à s'en remettre.
Il se souvenait des nuits où elle s'était réveillée, hurlant le prénom de son fils, le visage inondé de larmes, la sueur collant sa chemise de nuit à ses épaules. Il s'était demandé à plusieurs reprises si elle ne mêlait pas dans ses rêves le crash d'Harm et celui de son père !..
Chacun dans son fauteuil, Trich et Frank poursuivaient le cheminement de leurs pensées aussi sombres chez l'un et l'autre.
Trich, après la joie d'avoir entendu Harm, s'était souvenue du cauchemar duquel l'appel de son fils l'avait tirée. Tout se mêlait dans sa tête, la venue d'Harm et Sarah, la disparition de Hammer... Harm irait au Mur cette année ? Désormais il avait une femme dans sa vie, s'il pouvait enfin oublier...
Chaque année quand revenait le mois de décembre, le long cortège des nuits blanches refaisait son apparition reveillant de terribles souvenirs. Elle détestait cette période, depuis bientôt trente six ans, Noël n'était pour elle que synonyme de drame…
Durant l'enfance de son fils, elle s'était efforcée de célébrer la Nativité afin de ne pas priver l'enfant des joies du sapin traditionnel et de la distribution de cadeaux. L'absence de son père bouleversait suffisamment sa vie. Avec l'aide de sa belle-mère, elle tenait à lui maintenir un rythme de vie le plus normal possible.
Cette pensée la replongea dans ses souvenirs. Elle sentit de nouveau sa gorge se nouer. Il fallait qu'elle bouge, sinon elle allait se mettre à pleurer devant Frank…. Il ne méritait pas cela.
Frank était un compagnon adorable, prévenant, il avait tout fait pour qu'elle apprenne à oublier, qu'elle vive comme tout le monde. Avec Harm, il avait fait preuve d'une inaltérable patience, sachant d'emblée que l'adolescent ne l'acceptait que difficilement.
Jamais il ne s'était plaint, au contraire. Il excusait toujours son accueil froid et distant, faisant valoir qu'un père ne se remplaçait pas. Tout cela en vain !
Malgré toutes ces années, la blessure restait béante. Rien n'avait pu effacer cet amour de jeunesse, cet Amour tout simplement. Il avait été le compagnon d'adolescence, puis le premier amour. Même lorsqu'il était à l'Académie, rien ne les avait jamais séparés. Ils s'étaient mariés tout naturellement comme leurs deux familles s'y attendaient. Puis il y avait eu Harmon Jr…
Elle se rappelait chaque minute de cette merveilleuse journée vieille de plus de quarante trois ans, où elle avait uni sa vie à celle du jeune pilote au regard bleu et au sourire irrésistible.
Leur fils était son exacte réplique ! Harm ressemblait tant à son père ! Désormais, quand elle le voyait, elle savait quel genre d'homme serait devenu son mari s'il avait vécu...
C'était à la fois une grande joie et une torture... Capitaine de Vaisseau... Son père n'avait atteint que le grade de Lieutenant... Il aurait été si fier de ce grand gaillard bardé de décorations... Pensant à cela elle songea que trois générations d'hommes dans la famille, s'étaient illustrées dans l'Aéronavale...
Deux avaient disparus en service. Dieu merci, Harm ne volait plus que de façon irrégulière, pour conserver son statut de pilote. Peut-être finirait-il par arrêter définitivement maintenant qu'il avait Sarah...
Elle se dirigea vers la piscine et alla s'asseoir au bord, près du déversoir. Elle aimait cet endroit, le bruit de l'eau calmait ses angoisses. Elle n'en fut pas moins assaillie par ses idées noires………
Ferme de Belleville - Pennsylvanie - 24 décembre 1969 - Madame Tricha ! Madame Tricha ! - Oui, Louise, je suis dans le salon, qui y a-t-il ? - Vite Madame, un monsieur vous demande au téléphone.. - Faites attention au petit, il y a des décorations de Noël près du sapin… Il ne faut pas qu'il se blesse… - Allô ! - Tricha ! C'est Tom… Allô.. La communication est mauvaise, je n'entends pas très bien.. - Tom ? Que se passe-t-il ? Pourquoi m'appelles-tu ? - Il est arrivé un accident Trich… - Oui, mais quoi ?.. Où est Harmon ? Pourquoi ne me parle-t-il pas ? Tom... - Tricha, tu dois être courageuse… Harm a disparu… Son F5 s'est abîmé en mer… Il est vivant, je l'ai vu s'éjecter… - Dis-moi où il est, et comment il va… Je t'en prie... J'ai besoin de savoir…. - Il… Il est tombé en zone Viet, en territoire hostile. On essaie de le récupérer…. Mais çà ne va pas être facile.. - Tu veux dire qu'il est… Prisonnier… - …… - Tom ! Réponds-moi ! Je veux savoir où est Harmon…. Où est mon MARI ! - Maman ! Maman, pourquoi tu cries ? Où est Papa ?
Les cris de Trich avaient alerté toute la maisonnée, principalement Sarah sa belle-mère. Découvrant le visage livide de la jeune femme et l'enfant accroché à sa jupe, elle comprit immédiatement qu'il s'agissait de son propre fils.
L'espace d'un éclair, elle se revit elle-même, en ce jour d'avril 1942, son bébé dans les bras, écoutant, sans rien comprendre, l'officier venu lui apprendre la mort de son beau Capitaine. Voulant décoller du Hornett pour aller combattre une escadrille japonaise, il avait été abattu alors qu'il se trouvait encore sur l'échelle de son avion…
Elle s'approcha de Trich et la prit par les épaules pour la faire asseoir… Elle eut l'impression de saisir un pantin désarticulé. Les yeux hagards, incapable de prononcer un mot, elle avait raccroché le téléphone…
Sarah pensa en elle-même que quoi qu'il soit arrivé à son fils, elle devrait déposer son propre chagrin pour soutenir cette petite et le bambin attaché à sa mère…
Quelque part dans l'avion au dessus de l'Atlantique - 15.12.2005
L'avion venait de décoller de Roissy C.D.G. après une brève escale. La prochaine destination était l'aéroport de Washington….
Hammer regardait d'un œil attentif tout ce qui se déroulait autour de lui. Au départ de Berlin, il avait ressenti un mélange d'angoisses et de joie.
Remonter dans un avion, même en tant que passager, il y avait souvent songé, quand marchant vers une autre ville ou travaillant dans un champ, il en avait vu passer dans le ciel.
A Roissy, il avait été surpris par l'importance de l'aéroport et du trafic… Quand l'airbus avait redécollé, il avait pensé qu'au bout du chemin, c'était son pays qu'il allait enfin retrouver !
Harm et Tom avaient perçu sa gêne. Ils lui avaient fourni quelques explications et l'avaient laissé s'habituer progressivement à cet environnement nouveau, sachant que bien d'autres questions se poseraient dans les heures et les jours à venir.
Il avait vécu dans un autre monde ! Il fallait lui laisser le temps de découvrir celui dans lequel il retournait.
Laissant son père bavarder avec son vieil ami, l'Amiral Boone, Harm s'était tourné vers Sarah. Quand leurs yeux se croisaient, une étincelle s'allumait chaque fois dans leurs regards.
A dire vrai, ils n'avaient pas encore pleinement réalisé la réalité de leurs retrouvailles… Les événements s'étaient tellement précipités qu'ils avaient encore l'un et l'autre, l'impression de se promener dans l'un de leurs éternels rêves… - Pas trop fatiguée ma Chérie ? - Non… Je dirais même plutôt excitée. Et toi ? - Toujours aussi déboussolé, sauf quand je suis tout près de toi et que je te sens là, bien vivante… - Désolée mon cœur, je t'offrirais volontiers une démonstration de ma vitalité, mais je crains que ce ne soit ni le moment ni l'endroit… - Marine, vous allez me faire rougir. Il se pencha vers elle et prit ses lèvres.
Ils restèrent un long moment silencieux, se tenant par la main, comme pour ne plus se perdre. Chacun en son for intérieur, songeait aux dispositions à prendre dès l'arrivée à Washington.
Mac avait encore deux semaines de congés au minimum. Néanmoins, l'évolution de sa relation avec Harm la confortait dans son idée de demander son rapatriement de San Diego, elle le lui avait promis.
Neuf mille kilomètres ! Elle avait fait une fois le voyage, c'était suffisant. Ce n'était pas imaginable pour une vie de couple … Elle envisageait une démission pure et simple en cas de refus. Elle savait que dans un premier temps Harm pousserait des hauts cris, mais il finirait bien par admettre qu'elle avait raison…
Elle s'en était ouverte aux Amiraux Chegwidden et Boone, lesquels avaient promis de l'aider dans sa démarche.
Harm n'avait prévu de s'absenter qu'une dizaine de jours. Ce qui ne serait pas suffisant pour accompagner son père dans ses démarches. D'autant qu'il comptait obtenir un entretien avec le Secrétaire d'Etat…Il demanderait un complément de congés. Son séjour à Washington pour Noël étant prévu de longue date, il suffirait simplement de faire la jonction..
Mais il y avait plus difficile encore à envisager : prévenir sa mère… A chaque fois que cette pensée lui venait à l'esprit, il en avait la nausée.
Il avait été confronté à des situations plus que délicates dans sa vie, mais là il était totalement désemparé. Depuis qu'ils avaient choisi d'un commun accord, que ce serait lui le messager de cette impensable nouvelle, il avait imaginé toute une liste de scénari, mais aucun ne lui semblait envisageable.
Hammer s'en était rendu compte et s'en inquiétait. Toutefois, il n'envisageait pas une minute, aller se présenter au domicile de Trich…
Il en avait longuement parlé avec Tom, lequel avait tout simplement proposé d'accompagner Harm. - C'est moi qui ai eu le triste rôle d'annoncer ta disparition à Trich, je peux bien à présent aller avec votre fils, l'informer de ton incroyable épopée… avait répondu l'Amiral.
Mac sentit la main de Harm se crisper dans la sienne, elle se tourna vers lui : - Quelque chose ne va pas ? - Je pensais à ma mère…. - Je vois… Tu veux en parler ? - Chérie, j'ai beau tourner la question en tous sens, je ne sais vraiment pas comment m'y prendre…. - Je comprends, c'est exactement ce que j'ai ressenti entre San Diego et Londres, quand j'ai dû le faire pour toi…..
Leurs mains se serrèrent un peu plus fort et le magnifique regard bleu vint se plonger dans celui du Colonel. Quelques minutes, ils restèrent ainsi soudés. Elle est ma force songea-t-il, avant de continuer : - C'est vrai, j'oubliais, çà n'a pas dût être facile non plus pour toi… - Je te l'ai déjà dit, je n'aurais jamais accepté que quelqu'un d'autre le fasse à ma place… Et pour ta mère, souviens toi que je serais là, si tu en as besoin… Et il y aura Frank également… - J'ai envisagé d'en parler à Tom… Pourtant, je pense que c'est moi qui doit le faire, je ne peux pas me défiler…. Harm se tut, rejetant la tête en arrière pour s'appuyer au dossier. Mac l'observait, il semblait épuisé, il avait grand besoin de dormir.
Elle s'approcha de lui, et après avoir poser un baiser sur sa joue, lui dit doucement : - Tu as encore un peu de temps pour y réfléchir, alors patiente, un proverbe français dit : "La nuit porte conseil", j'y ai parfois songé quand quelque chose me tracassait, çà s'est souvent avéré très juste. - Nous avons le temps de dormir un peu, tu as raison, la journée va être longue… Avant ma mère, il y a Sergei à Dulles …..
Résidence des Roberts Virginie - 15.12.2005
Harriett était debout depuis 6 h du matin… Bud n'était pas rentré de Norfolk où il s'était rendu pour une enquête, avec le neige tombée depuis quelques jours, il valait mieux s'abstenir de rouler la nuit…
A.J.Jr était à l'école. Quant à James et aux jumeaux, elle les avait confiés à la garde de leur baby-sitter habituelle.
Ainsi, elle pouvait préparer en toute sérénité, le repas de ce soir qui allait réunir huit convives, voire neuf, si l'Amiral Boone se joignait à eux. Deux chambres étaient prêtes à l'étage, deux autres étaient à disposition dans la maison de leurs voisins et amis les Mc Neal.
Expatriés à Hong Kong pour un an, ils avaient confié la garde de leur maison au couple Roberts avec la recommandation d'utiliser si besoin, leurs chambres d'amis.
Harriett se félicitait de cette possibilité, ainsi, elle pourrait offrir un toit à tous ses invités, par ce temps de chien, ce n'était pas négligeable. Son portable sonna : - Résidence Roberts… - Harriett ? - Lauren… Vous êtes à Dulles ? - Depuis vingt minutes environ, Sergei est parti chercher nos bagages… - Comment va-t-il ? Harriett s'inquiétait toujours de chacun… - Il ne tient pas en place… Et puis ce froid de voleur lui rappelle sa chère Russie, enfin je crois que j'aurais du mal à le calmer d'ici 14 h… - C'est normal, Lauren… Tu imagines ce qu'il peut ressentir… Cela doit être si intense.. - Bien sûr, mais malheureusement je me sens impuissante devant un tel événement... Nous allons sortir un peu de l'aéroport, une bonne ballade nous fera le plus grand bien, à moins que tu n'aies besoin d'aide… - Surtout pas, merci de ton offre, mais je me suis organisée. Il n'y a pas de souci. Occupe-toi de Sergei… Nous nous verrons ce soir… - Entendu comme çà, alors, à ce soir, mais n'en fait pas trop…
Les deux femmes coupèrent la communication simultanément. Harriett resta songeuse un moment. Quel changement dans ses relations avec Lauren… Qui aurait pu croire, lorsqu'elles travaillaient ensemble, qu'elles deviendraient aussi proches. Car la légendaire gentillesse d'Harriett avait apprivoisée Lauren la rebelle.
Il faut dire que cette dernière était totalement transformée depuis qu'elle s'était liée à Sergei. Il lui avait apporté en plus d'un amour sans faille, la sérénité, la stabilité. Ils partageait la même passion pour leur métier. Leur mariage était une réussite.
Seule ombre à ce tableau, l'enfant que Lauren portait quand Harm l'avait convaincue de renouer avec son frère, était mort quelques heures avant sa naissance… La jeune femme était sortie de cette épreuve anéantie.
Petit à petit, l'amour de Sergei, le soutien et la compréhension d'Harriett, malgré la distance, avaient aidé Lauren à reprendre le dessus..
Aéroport Dulles - Washington - DC. 15.12.2005
Le Capitaine de Corvette Lauren Soukov Singer venait de fermer son portable, elle guettait le retour de son mari. Un sourire éclairait son visage. Elle s'inquiétait pour Sergei, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser à son amie.
Harriett ! Comment ne pas l'aimer ? Outre son adorable minois, ses grands yeux bleus et son sourire enfantin, elle respirait la bonté par tous les pores de la peau.
Pourtant son enfance et sa jeunesse dorées dans une famille fortunée auraient dû en faire une fille factice, passant du coiffeur au salon d'esthétique et de son club de gym à des réceptions mondaines.
Bien au contraire, elle avait tout abandonné pour entrer dans la Marine, y avait fait sa place. En prime, elle y avait rencontré Bud issu d'un milieu diamétralement opposé au sien.
Malgré sa douceur apparente, elle avait bataillé comme une lionne pour imposer son choix à ses parents. Leur mariage était plus qu'heureux et couronné par cinq maternités.
Une seule ombre à ce tableau idyllique, la mort de la petite Sarah peu après sa naissance et la terrible blessure de Bud en Afghanistan.
Elle avait su tiré les leçons de ces événements douloureux. Femme au foyer depuis la naissance des jumeaux, elle occupait son peu de temps libre à aider les autres.
C'est ainsi qu'avec la bénédiction de Bud, elle avait recueilli Mattie que son accident handicapait trop pour suivre Harm à Londres, du moins pas avant un rétablissement plus avancé.
- Lauren ! Elle se retourna au son de la voix familière. Sergei arrivait avec leur bagages - Harriett n'a aucun besoin de nous, de plus elle nous déconseille de nous aventurer sur la route par ce temps de chien. Nous pouvons donc laisser nos affaires à la consigne et aller nous promener en attendant 14 h. - Voir de la neige me fera le plus grand bien, affirma Sergei, avec cette petite pointe d'accent russe dont il n'arrivait pas à se défaire. - Et bien, tu vas pouvoir en profiter.. Et ton père ne sera pas dépaysé non plus pour son retour.
Elle se garda d'ajouter, espérons que le temps ne va pas se dégrader et retarder leur arrivée. Ils se débarrassèrent de leurs valises et se dirigèrent vers la sortie.
Résidence Burnett - La Jolla Californie - 15.12.2005
Frank n'avait pas dormi de la nuit. Il avait fini par se lever vers 5 h, les nerfs à crans, craignant d'éveiller Trich, qui pour une fois, dormait profondément.
Il faisait nuit et la lune éclairait de gros nuages noirs au dessus de l'océan. Le temps reflétait parfaitement son état d'esprit.
Après s'être préparé un café, il sortit le boire sur la terrasse. Le vent s'était levé. La fraîcheur eut un effet bienfaisant sur la tension nerveuse qui ne le quittait pas depuis la veille.
Depuis que Harm l'avait appelé de Berlin lui annonçant leur retour aux U.S.A. pour aujourd'hui 14 h (heure de Washington).
Enfermé dans un mur de silence qu'il ne pouvait pas briser, Frank vivait un véritable enfer depuis qu'il avait appris le retour "à la vie" de Harmon Rabb Sr.
Durant plus de vingt ans, il avait combattu l'ombre de cet homme, que sa femme idolâtrait. Il savait que le souvenir de son défunt époux était présent dans ses pensées secrètes et gravé au plus profond d'elle-même.
Elle l'aimait bien sûr. Elle lui en avait donné à maintes reprises des preuves incontestables, allant même jusqu'à abandonner son rôle de mère à Sarah, sa belle-mère, auprès de qui Harmon Jr s'était réfugié au moment de leur mariage...
Mais il suffisait d'observer son comportement quand revenait le mois de Décembre. Elle perdait le sommeil. Ses nuits se peuplaient de cauchemars qui la laissaient épuisée. Et malgré les années passées, elle se refusait toujours à sacrifier à toute tradition quelle qu'elle fut, rappelant Noël.
Ils avaient donc pris l'habitude de voyager à cette époque de l'année surtout depuis qu'il s'était retiré des affaires.
Quant à ses relations avec Harm, elles n'avaient trouvé de convivialité qu'après le premier accident de vol ce dernier en 1991. Accompagné de sa grand-mère, il avait passé une partie de sa convalescence à la Jolla.…
Durant son adolescence, son beau-fils l'avait systématiquement rejeté. Il s'était installé en Pennsylvanie où il avait terminé ses études secondaires, se refusant à vivre sous le même toit que celui qu'il considérait comme un intrus.
Frank ne lui en voulait pas, lui-même avait voué à son propre père une véritable adoration. Il regrettait simplement de n'avoir rien pu partager, ou si peu avec le fils de la femme qu'il aimait, lui qui ne serait jamais père.
A l'annonce de la venue de Harm et Mac, Trich avait immédiatement opposé un refus catégorique à tout déplacement. Son fils parlait enfin de mariage. Il était inutile d'insister.
Cette obstination lui permit d'accéder à la demande de son beau-fils qui souhaitait évoquer avec sa mère ses projets de mariage, mais surtout l'informer d'une nouvelle bien plus délicate… Comment réagirait-elle ? Harm, tout comme lui s'interrogeaient... Ils demeuraient aujourd'hui encore au stade de la question…
Plus que quiconque Frank se sentait menacé… Loin de lui l'idée d'en vouloir à cette homme dont la vie avait dû être un véritable calvaire. Il admirait sa force physique et morale pour avoir parcouru un tel périple. Et pour le moment il n'en connaissait que les quelques bribes recueillies par téléphone.
Mais l'ombre rivale devenait aujourd'hui une menace concrète, un homme à son image, fait de chair et de sang. Qui plus est, auréolé d'un passé plus que glorieux et précédé d'une histoire à faire crever d'envie les scénaristes hollywoodiens… Et Harm avait explicitement fait savoir que son père revenait seul…
Qu'avait-il, lui Frank Burnett pour se mesurer à lui ? Certes, il avait été un grand Capitaine d'Industrie. Directeur Général de Chrysler, il avait dirigé une multitude de gens, géré des affaires considérables, et des capitaux faramineux.
Mais rien de comparable avec des hommes comme Hammer et son fils qui avaient combattu et vu la mort en face plus souvent qu'à leur tour ! Alors que lui n'avait jamais touché un fusil de sa vie, il détestait la chasse et avait échappé à la guerre du Vietnam, pour cause de santé délicate….
Assis dans l'un des fauteuils de le terrasse, il ne se rendit pas même compte que la pluie qui s'était mise à tombée, inondait sa chemise….
Quelque part dans l'avion au dessus de l'Atlantique - 15.12.2005
La plupart des passagers dormait. Tout était calme, à peine entendait-on le bruissement des réacteurs. Sarah avait dû s'assoupir un moment. Harm dormait depuis deux bonnes heures, la tête posée sur son épaule, sa grande main tenant toujours la sienne enfermée. Elle sourit en le voyant ainsi. Il faisait penser à un enfant qui ne a peur de lâcher son jouet favori.
Hammer revenant vers son fauteuil vit son fils endormi, levant son regard bleu vers elle, il lui fit juste un petit signe de la main. A cet instant Mac saisit sur le visage buriné, une expression fugace qu'elle avait si souvent observée sur celui de son Capitaine quand il était tourmenté.
Encore environ 1 h 30 de vol et ce serait l'atterrissage à Dulles. Elle songea à Sergei qui devait déjà les attendre… Et à Frank, là-bas en Californie, traversant lui aussi un des moments les plus délicats de sa vie…
Harm gémit dans son sommeil, Mac vit son visage se contracter. A quoi rêvait-il ? A sa mère, à ses souvenirs d'enfant ?
"Ferme de Belleville - Pennsylvanie Janvier 1970 Dans une grande chambre aux murs tapissés de papier bleu clair, l'enfant joue… Des avions miniatures jonchent le sol, il tient l'un deux entre ses mains simulant une bataille aérienne dont son père et son parrain sont inévitablement les héros.
Soudain un cri retentit venant du rez-de-chaussée… Maman pleure. Comme Gram, et Louise… Un militaire parle de Papa… Maman… Maman ! Elle est par terre… Maman. Je veux voir ma Maman… Le vieux docteur est là... Et le militaire est reparti… - Harm ! Harm ! …"
Sarah l'observait de plus en plus inquiète… Elle lui caressa la joue, où des larmes roulaient doucement. S'approchant de son oreille, elle appela : - Harm ! Harm ! Réveille toi. Il fronça les sourcils avant d'ouvrir les yeux. - Que se passe-t-il, j'ai parlé en dormant ? - Tu as gémi, et … tu pleures… - Je suis désolé… J'ai dû faire un cauchemar… Je ne me souviens pas… - Ce n'est rien. Nous allons bientôt atterrir. Vas te rafraîchir un peu… Tu verras çà ira mieux après. Regarde derrière, je pense que ton père et l'Amiral Boone dorment encore..
Le Capitaine se leva et se dirigea vers les toilettes, il avait en effet grand besoin de retrouver ses esprits.
S'il ne se souvenait pas de son rêve, il était certain que des vieux démons surgis du passé revenaient troubler son sommeil, et qu'il en serait ainsi tant qu'il ne serait pas rassuré sur l'avenir de ses parents….
Residence Burnett - La Jolla Californie - 15.12.2005
Trich s'était levée vers 9 h, elle n'avait rien su de la nuit blanche de Frank. Elle l'avait trouvé à son bureau, comme chaque matin, entrain de consulter la presse. - Bonjour mon Chéri, il y a longtemps que tu es plongé dans ta lecture ? - Un moment, Oui.. Le vent et la pluie m'ont réveillé vers 7 h. Il fait un temps gris aujourd'hui, tu devras renoncer à ton bain de soleil… Il ne savait quel sujet de conversation abordé. Son esprit préoccupé n'arrivait pas à assimiler ce qu'il lisait. - Harmon n'avait pas dit qu'il serait de retour vers le 15 ? - Euh !… Je crois, mais c'est aujourd'hui, et il est à peine 10 h. Entre l'Europe et Washington il y a au minimum six à sept heures de vol… Tu le sais d'expérience ma Chérie. - C'est vrai… Et avec Sarah, ils ne sont peut-être pas très pressés de rentrer…
Frank ne répondit pas, songeant en lui-même, que s'ils pouvaient tous rester en Europe, ce serait bien la meilleure des choses. A l'instant où se déroulait leur conversation, il était quasi certain que Harmon Rabb Sr avait retrouvé sa terre natale.
Aéroport Dulles - Washington - DC. 15.12.2005
Lauren observait son mari à la dérobée. Il avait les yeux rivés sur le panneau des Arrivées. Quand apparut l'annonce du vol en provenance de Berlin, il devint livide. Puis se tournant vers elle, il la gratifia de ce sourire "Rabb" qui l'avait séduite et serra son bras un peu plus fort.
Ils se dirigèrent vers la porte indiquée, sachant tous deux qu'il faudrait patienter encore un tout petit peu pour voir apparaître le Voyageur tant attendu….
L'avion venait en effet d'atterrir, Harm échangea un rapide coup d'œil avec Tom, il comprit qu'il était aussi angoissé que lui. Pourtant Hammer semblait serein, seul un léger tremblement dans ses gestes, indiquait qu'il n'en était rien. Précédés de Sarah, ils quittèrent l'appareil.
Sergei aperçut la haute silhouette de son frère et à ses côtés…. Un autre visage qu'il aurait reconnu entre mille tant la ressemblance était frappante, à l'exception des cheveux blancs. Lauren suivit son regard, faisant la même découverte. Ce fut elle qui fit signe de la main, Sergei demeurait figé là , incapable de bougé et d'émettre le moindre son….
Les deux frères s'étreignirent en silence au beau milieu des passagers qui les bousculaient au passage. Après avoir marqué un temps d'arrêt, Hammer rejoignit ses fils et posa une main sur la nuque de chacun…
Sarah suivait derrière avec Tom Boone, si l'émotion qui les tenaillait était moins intense qu'à Berlin, ils n'en étaient pas moins incapables de prononcer le moindre mot. Tom mit son bras autour des épaules de Mac, et, apercevant celle qu'il devina être Lauren, il se dirigea vers elle, entraînant Sarah.
L'Amiral avait bien du mal à reconnaître, en cette jeune femme blonde aux yeux brillant de larmes contenues, le Lieutenant pédant et hautain qu'il avait rencontré au JAG…
Les trois hommes restèrent ainsi soudés un moment qui parut une éternité pour Tom, Mac et Lauren….
Comme avec Harm, ce fût Hammer qui parla en premier, les deux frères s'étaient séparés faisant place à leur père. - Sergei ! Enfin je peux donner un visage à ce prénom et à cette voix dit-il employant d'emblée la langue de Tolstoï. Je n'aurais jamais pensé avoir une jour la joie de te connaître… Il se tut un instant et repris, tu es bien un vrai "Rabb", mais tes cheveux et la forme de ton visage me rappellent ta mère ! - Une de ses amies, me l'a souvent dit, je suis heureux de vous l'entendre dire à votre tour.
Sarah avait traduit la conversation pour Harm et Tom, Lauren pour sa part, avait compris l'échange, elle parlait le russe presque couramment.
- Il nous faut aller chercher les bagages et trouver un espace un peu plus calme dit Tom afin de briser la tension émotionnelle de ses amis, - En effet, je vous accompagne, confirma Sarah, où sont les vôtres Lauren ? - A la consigne, mais je viens vous aider. - Volontiers. Harm, où nous retrouvons-nous ? demanda Mac, - Au bar, comme d'habitude, ma Chérie… Avant de la laisser partir, il l'embrassa sur la joue. - Mais l'Amiral Chegwidden était avec vous, il n'est pas rentré, demanda Lauren, - Il est repartit en Italie… Sa fille a insisté pour qu'il aille passer Noël chez elle, sa mère est veuve depuis plusieurs mois, elle voulait réunir sa famille pour la première fois depuis des années. Quant à Webb, il est retourné en Indonésie au sein de l'ONG à laquelle il appartient. - Webb dans l'humanitaire ! C'est vraiment pas le genre d'endroit où j'aurais pensé le voir aller, cependant il semble y faire un excellent travail d'après Sergei… - Et Oui, tout à fait d'accord Lauren… Quand l'Amiral m'a annoncé çà, j'ai été aussi surprise que vous…
Tom Boone suivait les deux jeunes femmes. Décidément, cette Lauren s'était totalement transformée. Tant mieux se dit-il, si ces deux-là doivent devenir belles-sœurs, mieux vaut que cela se passe bien…
Harm dirigea son père et son frère vers le bar prévu. L'émotion s'atténuait petit à petit. La réunion entre Hammer et Sergei n'avait rien de commun avec la sienne. Si chacun connaissait l'existence de l'autre, ils n'avaient aucun souvenir, aucun moment partagé par le passé.
Ils devaient désormais se découvrir. Ils partageait le même métier, l'amour de la Russie et le souvenir d'une femme, la mère de Sergei !
Tout à sa réflexion, il n'entendit pas reprendre la conversation. Ils s'exprimaient en anglais cette fois, comptant lui faire partager leurs propos….
La longue discussion que les deux hommes avait eue quelques jours plus tôt, par téléphone, avait servi de premier contact. Tout à l'heure ce serait au tour de Mattie et des Roberts de faire connaissance avec Harmon Rabb Sr… Mais une idée le taraudait sans cesse : Trich, sa mère !
Quand Tom accompagné des deux femmes les rejoignirent, la conversation battait son plein. Harm se leva pour leur venir en aide, tout comme son père et son frère.. Environ une demie heure plus tard, ils prenaient la direction des chez les Roberts….
Résidence des Roberts Virginie - 15.12.2005
Bud était rentré depuis une heure environ. La circulation devenait difficile, il se sentait soulagé d'être passé au travers des embouteillages, mais s'inquiétait pour ses amis qui devaient être en chemin.
Il trouva Harriett et Mattie dans la cuisine. James et les jumeaux passaient la nuit chez leur baby-sitter. Elles préparaient du thé et du café pour les voyageurs tout en bavardant. Il faisait un froid de gueux, ils apprécieraient sûrement une boisson bien chaude…
Tout était prêt, les chambres à la disposition de leurs occupants, le dîner attendant tranquillement l'heure du repas qui réunirait outre le couple Roberts, Mattie et AJ Jr, six autres convives, l'Amiral Boone ayant accepté de partager les premières heures américaines de son vieil ami..
En une autre circonstance, Harriett et Bud auraient été quelque peu intimidés à l'idée d'accueillir un Amiral autre que Chegwidden…. Mais l'Invité du Jour était cet homme venant d'un autre monde, celui dont il avait vu la photo dans le bureau de Harm autant de fois qu'ils y avaient l'un et l'autre pénétré, sans parler de celle qui trônait dans son appartement…
Mattie, quant à elle était partagée entre deux sentiments, la joie de revoir Harm, dont elle était séparée depuis six mois et l'inquiétude de rencontrer celui qui était au regard de la loi son Grand-Père, cette véritable légende qu'était Harmon Rabb Sr…
Harriett lui avait donné tous les détails dont elle disposait… Mais la jeune fille, songeant au bouleversement ressenti par Harm, était très émue, voire angoissée… Quand un bruit de moteur se fit entendre à l'extérieur, son cœur se serra.
Harriett s'était précipitée pour ouvrir. Harm sortit le premier, quelques secondes plus tard, un second Harmon, plus âgé, émergea à son tour du véhicule… La jeune femme resta bouche bée devant la ressemblance entre le père et le fils. - Bonjour Harriett, merci de nous accueillir, je vous présente mon Père… - Très heureuse Monsieur, soyez le bienvenu dans notre maison et bon retour en votre pays termina-t-elle la voix enrouée par l'émotion - Merci de votre accueil Madame, mon fils a évoqué votre gentillesse, je crois qu'il est encore loin de la réalité, répondit Hammer - Entrez vite, je vous en prie, vous devez tous être gelés intervint Bud, aussi ému que son épouse. - Volontiers Bud, nous sommes un peu frigorifiés à l'exception de Sergei comme d'habitude et de mon père qui lui non plus n'est pas dépaysé par un tel climat, n'est-ce pas Papa ? - C'est certain… Présente moi tes amis Harm et où est Mattie ? - Viens par là ma puce appela le Capitaine. Il la serra dans ses bras, puis l'écartant pour mieux la regarder, tu me sembles avoir fait d'énormes progrès… Je suis fier de toi, et si content de te retrouver… Voici Mattie, ma fille, dit-il se tournant vers son Père. - Heureux de découvrir une aussi charmante jeune fille et d'apprendre qu'elle est ma petite-fille. Regardant Boone, il ajouta : Mon vieux Tom, non seulement je retrouve mes garçons et de superbes jeunes femmes à leur côté, mais je vais découvrir la joie d'être grand-père… - Avant cela viens que je te présente nos hôtes, Harriett Roberts-Sims, Lieutenant dans la Navy, en disponibilité pour élever ses quatre enfants, dont A.J. Jr, l'aîné que voici, le filleul de Sarah et le mien. Maintenant le Capitaine de Corvette Bud Roberts son époux. - Capitaine, Lieutenant, vous avez une belle famille. Mon fils et Sarah m'ont parlé de vous. Je vous remercie de nous recevoir tous ainsi dans votre maison.. - L'honneur et pour nous Monsieur. Mon épouse et moi connaissons une partie de votre histoire. Les événements de ces derniers jours, nous comblent de joie pour vous et pour les vôtres. Si nous pouvons vous être d'une quelconque utilité, ce sera avec le plus grand honneur et le plus grand plaisir. - C'est très gentil à vous Bud, répondit Harm, les yeux brouillés par l'émotion. Décidément ces deux-là étaient de véritables piliers dans sa vie, songea-t-il, des amis de cette trempe, c'est de l'or. Il continua : je ne vous présente pas les deux charmantes femmes qui nous accompagnent….. Et vous connaissez l'Amiral Boone … - Amiral, honoré de vous accueillir, nous nous sommes rencontrés au Q.G. du JAG.. - Et à la soirée d'A.J. Chegwidden, si je ne me trompe pas.. - En effet, Monsieur, tout comme mon époux je suis ravie de vous recevoir.
Quelques minutes plus tard, ils se retrouvaient tous dans le salon des Roberts autour de la collation préparée par Harriett et Mattie. Un bon feu dans la cheminée réchauffa les coprs et les esprits, la conversation roula bon train.
Harm tenait la main de Sarah, leurs regards se croisaient de temps à autres... Dans cette maison chaleureuse, il commençait à goûter son bonheur pour la première fois depuis son départ de Londres !... DEmain, il appellerait à la Jolla....
Ils dînèrent un peu plus tard dans la soirée. Harriett consciente des décalages horaires subis par tous ses convives, avait organisé la soirée afin qu'ils puissent aller se coucher dès qu'ils en ressentiraient le besoin.
Hammer et l'Amiral Boone furent les premiers à se retirer. Ils logeaient dans la maison voisine, les Roberts jugeant cet éloignement préférable pour leur tranquillité.
Harm et Bud les accompagnèrent et après avoir veillé sur leur installation, retournèrent rejoindre le reste du groupe.
Les deux amis, fatigués par cette très longue journée, ne ressentaient cependant pas le besoin de sommeil. Hammer comme son fils, prenait pied petit à petit dans sa nouvelle vie…
Il était enfin aux U.S.A. Oh, il n'avait vu que l'aéroport, qu'il n'aurait en rien reconnu, puis la route pour venir chez ce couple charmant que formaient les amis de Harmon et Sarah… - Tu sais vieux, si l'on m'avait dit que je serais là ce soir… je pense que j'aurais rit au nez de mon interlocuteur… - Et moi… Tu crois que je pensais aller faire un tour à Berlin, répondit Boone d'un air moqueur… Je n'ai jamais imaginé qu'on puisse un jour te retrouver vivant… Combien de fois ai-je pesté en voyant Harm dépenser tant d'énergie à te rechercher… Et c'est lui qui avait raison… Vous fonctionnez par télépathie ma parole ! - Non hélas, si çà avait été le cas, je n'aurais pas attendu trente six ans… Mais le point noir, c'est ma femme… - Tu veux dire Trich ? - A ma connaissance je n'en ai pas épousée d'autres… C'est vrai, elle est remariée et je le comprends. Mais je n'ai jamais cessé de penser à elle… J'ai connu d'autres compagnes, pour moi c'était une question de survie… - Qui pourrait te le reprocher ? Certainement pas Trich, pas plus que ton fils…. - Oui Tom… Mais comment va-t-elle réagir … Elle va se retrouver ni plus ni moins mariée à deux hommes à la fois, dès que mon retour va être officialisé… Il y a prescription, certes… Mais je suis là tout comme Frank, son mari ! Il se tut un moment, et ajouta, Harm a une démarche plus que délicate à entreprendre vis à vis de sa mère… Je suis très inquiet pour lui… - Ce ne sera pas une partie de plaisir j'en conviens… Mais c'est inévitable…. Je vous ai proposé mon aide à tous les deux, le marché tient toujours… Toutefois, je comprends que Harm veuille s'en charger. Dans des situations comme celle-ci, je ne regrette pas d'être resté célibataire, même si je suis passé à côté de beaucoup de choses… conclut l'Amiral.
Ils devisèrent encore un moment puis allèrent se coucher.
Chez les Roberts, la conversation n'avait pas beaucoup survécu au départ de Hammer et Tom. A peine une heure plus tard, chacun avait gagné sa chambre, à l'exception de Harm et de Mattie.
Mac les avaient laissés seuls, malgré la demande du Capitaine. Elle voulait respecter leur intimité, surtout vis à vis de Mattie. - Alors Mac et toi vous êtes réconciliés ? - Oui ma puce… Tu sais, elle a été formidable quand elle est venue à Londres. Tu imagines ma surprise en apprenant que mon père était vivant, quand je le croyais mort depuis plus de vingt ans… - Elle nous a dit, quand elle est passée, avant d'aller te rejoindre, qu'elle était presque guérie.. - Çà tu vois, c'est le deuxième miracle, avec toi je peux dire que çà en fait trois… - Et qu'est-ce que vous aller faire maintenant, tu repartiras à Londres et elle à San Diego ? - C'est ce dont je voulais te parler justement… Je repartirai à Londres, du moins pour l'instant, mais Mac va demander à être mutée. Nous pensons nous marier au printemps.. - Et qu'est-ce que t'attendais pour me le dire, la veille du mariage ? Je suis ta fille, j'ai le droit de savoir.
Harm ne put s'empêcher de rire devant la réaction de la jeune fille, il la reconnaissait bien là. - Pardonne-moi, mais je voulais t'annoncer la nouvelle de vive voix, et il n'y a pas bien longtemps que nous sommes décidés. - Remarque, en vous voyant ensemble, je m'y attendais un peu. Je suis contente pour toi et pour Mac, quand je vais dire çà à Jennifer… Je peux ? Vous n'allez pas encore changer d'avis ? - Pas cette fois, nous l'avons annoncé avant de quitter Berlin… - Tu vas aller à la Jolla avec ton Père ? Çà m'a fait drôle de t'entendre dire Papa, ce soir.. - Essaie de te mettre à ma place ? Moi aussi, çà me laisse une curieuse sensation, mais je m'y habitue très vite, tu peux me croire ! Quant à la Jolla, je dois y aller le plus tôt possible, dans trois ou quatre jours, viendras-tu, Mac m'accompagne, mais pas mon père pour cette fois. Et je t'assure, j'ai hâte que ce soit fait !…
Dès le lendemain, Harm se rendit au Q.G. du JAG où il eut un entretien avec le Général Cresswell. Celui-ci resta sans voix, quand le Capitaine lui exposa les faits, il se proposa d'organiser une entrevue en urgence avec le Secrétaire d'Etat. Quand il apprit que Mac était également présente dans la Capitale, il eut un demi sourire avant de demander si c'était pour les mêmes raisons.
A 15 h, ce 16 Décembre, les Capitaines Harmon Rabb Sr et Harmon Rabb Jr étaient reçus au Secrétariat d'Etat de la Marine. L'entrevue fut brève…Mais le processus de "résurrection" était enclenché officiellement.
L'Amiral Boone qui accompagnait les deux hommes n'eut guère à intervenir. Les examens médicaux irréfutables étayaient le dossier, et la ressemblance entre le père et le fils était une preuve indéniable.
Il fut entendu que les démarches seraient finalisées après les fêtes de fin d'année. Harm ne comptait pas en rester uniquement là, mais c'était un bon début.
Mac eut à son tour un entretien avec le Général Cresswell. Elle lui remit une demande de mutation motivée par son prochain mariage et surtout par son état de santé qui s'était amélioré, mais pour lequel l'éloignement de Bethesda était un handicap, d'autant qu'elle espérait entamer un nouveau traitement ne pouvant être suivi qu'à Washington.
Le Général écouta attentivement la jeune femme et accepta d'étudier ses requêtes. Il lui accorda le complément de congés demandé.
Ce qu'il ne lui dit pas, c'est qu'il avait eu, quelques minutes avant son arrivée un appel du Secrétariat d'Etat… Le retour de Harmon Rabb Sr commençait à faire des remous dans les hautes sphères, l'entourage du Président en était déjà informé, la nouvelle avait fait le tour de la Capitale à la vitesse de l'éclair…
Certains officiers de très haut rang, dont le patron de la Marine, avaient connu de plus ou moins près, le Lieutenant Rabb, ils avaient directement cherché des explications auprès de l'Amiral Boone.
Dans ce contexte, le Capitaine de Vaisseau Harmon Rabb Jr et sa future épouse étaient devenus des personnes dont il valait mieux s'attirer les bonne grâces. On se souvenait en haut lieu, de l'acharnement mit par le Capitaine à retrouver la trace de son père, et des fins de non recevoir qu'on lui avait opposées… A tord !
A cent lieues de toutes ces péripéties Ministèrielles, Harm avait appelé à la Jolla pour annoncer sa venue le lundi suivant. Il serait accompagné de Mac. Mattie préférait ne pas assister aux révélations qui allaient être faites à Trich. Elle s'était prise d'une grande tendresse pour cette femme, sa grand-mère aux yeux de la loi.
Résidence Burnett - La Jolla Californie - 19.12.2005
Frank et Trich était venus chercher le jeune couple à l'aéroport. Harm n'avait pas vu sa mère depuis son passage à Londres en Septembre, alors qu'avec Frank, elle revenait d'un séjour en Italie.
Trich comme toujours était ravie de voir arriver son fils, ses visites étaient si rares… Mais le voir accompagné de Sarah la rendait folle de joie. Enfin ils s'étaient décidés… Un mariage en vue, et qui sait peut-être quelques mois plus tard… Ce cadeau de la vie dont elle rêvait tant, être grand-mère, même si désormais, il y avait Mattie…
Les bagages entassés dans le coffre, les deux couples avaient pris le chemin de la Jolla. Trich tout à son bonheur, ne percevait pas le climat de gêne qui l'entourait.
Frank vivait depuis des jours au bord de la crise de nerfs, quant à Harm à mesure qu'approchait le moment crucial, il sentait son estomac se nouer. Sarah désemparée, attendait impuissante la fin de ce cauchemar, d'autant qu'elle avait promis à Hammer de le tenir informé de la situation.
A peine dans la voiture, Trich voulut tout savoir. Pourquoi Mattie ne les avait-elle pas accompagnés ? Quelles péripéties les avaient enfin amenés à franchir le pas que tous attendaient depuis si longtemps.
Ils essuyèrent un tir nourri de questions dont, pour nombre d'entre elles, ils n'avaient encore de réponses. Arrivé à la maison, Harm avait l'impression que sa tête allait éclater... Il accepta le verre de thé glacé offert par son beau-père. Il sortit sur la terrasse tenant Sarah enlacée. Elle sentait les battements de son coeur s'accélèrer.
- Maman, nous avons assez parlé de notre mariage pour l'instant, n'est-ce pas Sarah ? - Disons que tant que la date définitive n'est pas fixée, il n'y a pas grand chose à dire de plus… Nous verrons après nos congés de fin d'année, - Que je suis sotte, une mutation ne s'obtient pas aussi rapidement, pardonnez-moi, j'ai oublié depuis longtemps le fonctionnement des rouages de l'armée, mes enfants… - C'est bien naturel Maman, maintenant, il y a une chose dont je voudrais te parler, Harm riva son regard dans les yeux sombres de Mac, comme pour y puiser toute l'énergie et la force dont il avait besoin pour effectuer la démarche tant redoutée. Il continua : allons vers la piscine, c'est un de mes coins préférés.
Sarah les regarda s'éloigner puis se tourna vers Frank. Il était livide, elle vit que ses mains tremblaient. S'approchant, elle posa sa main sur son bras : - Ne vous inquiétez pas trop, Monsieur Burnett, Harm veillera à ne pas la brusquer, et nous sommes là si besoin est. - Je vous remercie Colonel, mais … Je suis terrorisé à l'idée qu'elle pourrait me quitter pour rejoindre Hammer, c'est égoïste de ma part… Mais je n'y peux rien. J'aime ma femme et l'idée de la perdre m'est insupportable. - Justement, elle est votre épouse, alors ayez confiance. - Je sais très bien qu'elle ne l'a jamais oublié, et qu'elle l'aime encore…
Sarah ne sut que répondre, au fond de son coeur, elle savait qu'elle n'oublirait jamais Harm... Quel que puisse être leur avenir...
Trich et son fils descendaient vers la piscine, plus précisément vers le déversoir.. - Mais que de mystère mon Chéri, ferais-tu des cachotteries à Sarah, ou bien est-ce à cause de Frank ? - Maman !... Assieds toi, s'il te plaît…
Harm, sentit ses jambes se dérober sous lui, sa gorges se nouer, l'espace d'un éclair, il revit la frêle silhouette noire assise à ses côtés dans l'église où un service avait été donné en mémoire de son père, après l'abandon des recherches…. - Maman, il faut que tu m'écoutes, j'ai quelque chose de très important à te dire, quelque chose que je n'aurais jamais imaginé et pourtant que j'ai souhaité plus que tout, finit-il dans un souffle.. - Harm ! De quoi s'agit-il ? Tu me fais peur. Parles, je t'en prie… - Ce n'est pas facile, Maman. Mon Dieu, par où commencer !… Voyant sa mère prête à parler, il continua : - S'il te plaît Maman, laisse-moi continuer... Ce n'est pas une affaire criminelle qui a amené Sarah à Londres, comme nous te l'avons dit tout à l'heure. Elle est venue pour m'apprendre elle-même, un événement exceptionnel qui allait bouleverser ma vie, nos vies. Elle a refusé que quelqu'un d'autre s'en charge. C'est la même chose pour moi aujourd'hui ! Ce que je vais te dire, nul autre que moi ne peut le dire à ma place… - Harm ! pour l'amour du ciel, dis-moi ce qui te trouble ainsi. Quand Tom a dû m'apprendre la disparition de ton père, il a bien fallu que je l'entende. Que peux-tu avoir de pire à me révéler, puisque tu es là, près de moi ? - C'est justement de cela qu'il s'agit ? C'est de Papa dont je veux te parler… - Harm ! Je ne veux pas entendre quoique ce soit sur ce sujet, tu sais bien que nous n'avons jamais été d'accord là-dessus. Laisse ton père reposer en paix… Elle cria presque ces derniers mots. Frank et Mac les entendirent de la terrasse. - Papa est vivant !... Je viens de passé dix jours avec lui… Il est à Washington depuis jeudi… Il avait jeté les mots tout à trac… Sans réfléchir, sans regarder Trich qui restait là assise, les yeux écarquillés, incertaine d'avoir compris les paroles de son fils … - Qu'est-ce que tu me racontes ? Harm ! Serais-tu devenu fou… - Tu as bien compris Maman ! C'est invraisemblable, mais Papa est bien vivant… Il n'y a aucun doute, des tests sanguins le prouvent. Ils ont été comparés au miens. Et je n'ai eu aucun mal à le reconnaître, pas plus que Tom qui l'a rencontré avant moi… - Mais enfin mon Chéri… Trente six ans ! Comment peut-on résister autant de temps.. Où l'a-t-on retrouvé ? - A Berlin, après qu'il ait vécu en Pologne et fuit la Russie… Il s'est évadé. - Mais quel homme peut résister à cela ? - Papa l'a fait… Je ne suis pas l'objet d'hallucinations, pas plus que Tom ! Moi non plus je n'ai pas voulu y croire quand Sarah me l'a annoncé. Mais arrivé à Berlin, j'ai bien été obligé de me rendre à l'évidence. Dieu merci…
Trich luttait pied à pied. Elle était tenté de croire à cette merveilleuse nouvelle que lui apportait son fils.. Mais quelque chose en elle la retenait, la peur de se réveiller devant une autre réalité.
Elle chercha le regard bleu tellement semblable que s'en était douloureux. Il ne se déroba pas, malgré les larmes qui coulaient le long de ses joues. Un tel regard ne pouvait pas mentir.
Elle sentit une boule lui monter à la gorge, l'air lui manqua… Elle s'effondra comme une poupée de chiffons. - Maman ! Maman ! … Repond-moi !...
Résidence Burnett - La Jolla Californie - 19.12.2005
Voyant la scène de la terrasse, Sarah suivi de Frank se précipitèrent.
Harm avait allongé sa mère, surveillant son pouls. Elle était diaphane… - Appelez un médecin Frank, c'est plus sûr.. Vite… cria Harm - Tiens, mets-lui ce coussin sous la tête… Courage, Chéri, c'est le choc… Son pouls semble stable… - Je ne comprends pas, elle discutait et puis elle s'est écroulée tout d'un coup. - Je sais, Harm, nous vous observions de là haut… Je vais chercher une couverture, il ne faut pas qu'elle ait froid, reste auprès d'elle, et parle lui…
Sarah courut vers la terrasse, et se heurta presqu'à Frank qui venait de raccrocher le téléphone - Donnez-moi un plaid, une couverture, pour la protéger du froid.. - Comment est-elle ? Prenez çà, dit-il lui tendant un jeté de canapé, le médecin sera là dans cinq minutes.
Quand ils rejoignirent Harm, Trich revenait doucement à elle. Des couleurs réapparaissaient sur son visage, toutefois Mac insista pour qu'elle reste allongée et mit la couverture sur son corps.
Ses yeux se posèrent alors sur Harm, il était presqu'aussi blanc que sa mère. Elle posa sa main sur son dos en un geste de réconfort, leurs yeux se croisèrent. Sarah comprit qu'il souhaitait sa présence. Rien au monde n'aurait pu la faire bouger.
Le médecin arriva très vite. Harm lui expliqua les événements le plus brièvement possible, mais sans rien omettre. Le docteur écouta perplexe, l'incroyable épopée dont sa patiente venait d'être informée.
Il examina Trich sur place, quand il fut rassuré, il décida de la ramener à l'intérieur afin de poursuivre son examen, Harm souleva sa mère et la porta jusque dans le salon.
Entre temps Sarah s'était glissée dans la cuisine où elle avait préparé du café… Elle en apporta une tasse à Harm avant d'en proposer une à Frank. - Comment a-t-elle réagit ? Nous l'avons entendu crier à un moment, elle s'est mise en colère… - Je ne sais pas… Elle refuse la vérité, j'ai eu la même réaction, souviens-toi, je pense que c'est au moment où elle a compris que je disais vrai, qu'elle a eu ce malaise… - Ta mère as des problèmes cardiaques ? - Pas que je saches… Mais admets ma Chérie, qu'il y a de quoi se trouver mal… - C'est certain… Le principal c'est qu'elle soit revenue à elle sans assistance médicale..
Le médecin avait terminé son examen. Il s'approcha de Harm : - Qu'en pensez-vous docteur ? - Rien de grave… Elle a été choquée, on le serait à moins, comme je viens de le dire à Frank, il lui faut du repos. Mais votre mère est solide… Il faut simplement lui laisser le temps d'assimiler la nouvelle. - Je comprends… L'histoire de notre famille est peu banale… - C'est le moins que l'on puisse dire, comment se porte votre père après une telle épopée ? - A notre grand étonnement, le mieux du monde… Si ma mère me pose des questions, que dois-je faire ? - La connaissant çà ne va pas tarder… Répondez-lui, surtout si le pire est passé, puisque tout va bien pour votre père… Elle a le droit de savoir et d'être rassurée.
Résidence Amiral Boone - Près de Norfolk 19.12.2005
Durant l'absence de Harm et Sarah, Hammer avait accepté l'invitation de son vieil ami Tom. Celui-ci habitait une jolie maison traditionnelle, sur le bord de l'Atlantique, à quelques kilomètres de Norfolk.
Il y avait posé ses bagages quelques années plus tôt et y vivait depuis sa mise à la retraite.. En vieux marin qu'il était, il ne pouvait se passer très longtemps de la mer. Les deux hommes avaient tellement à se dire, qu'ils pouvaient envisager d'y passer des semaines…
Mais Hammer était soucieux du déroulement des événements en Californie. Sarah lui avait promis de le tenir au courant. Il était conscient de l'impact que sa "résurrection" allait avoir sur celle qu'il appelait sa femme.
Il n'avait jamais oublié… Les deux liaisons qu'il avait eues en Russie, n'avaient en rien effacé son amour pour Trich. Il avait luté de toutes ses forces contre ses souvenirs, c'était la seule façon de survivre.
Il avait appris que s'appesantir sur le passé, sapait son moral, et diminuait sa résistance physique… C'était un luxe qu'il ne pouvais pas se permettre…
Assis près de la grande cheminée, il sirotait un vieux cognac, il avait oublié comme cela pouvait être bon… Mais ses pensées vagabondaient vers la Jolla. - Appelle Mac, ne reste pas là à te morfondre, j'ai l'impression de te revoir tournant dans ta cabine, quand tu n'avais pas de courrier, lui dit Tom. - Je ne veux pas déranger cette petite, si elle n'appelle pas c'est qu'elle n'a rien à me dire… - La petite, comme tu dis, c'est un sacré bout de femme… Un roc... Tu peux me croire. Et tu pourras en parler avec A.J. Quand il s'agit de ton fiston, elle est pire qu'une tigresse. Alors ne t'en fais pas trop. - Comment a évolué Trich après toutes ces années… - Elle est restée une très belle femme, élégante, distinguée. Pour ceux qui comme moi, l'ont connue avant ta disparition, il est visible qu'elle a été descendue en plein vol. Mais aucune aigreur, aucune amertume. Et bien évidemment, elle est en admiration devant Harm…. Mais… Il faut dire qu'elle a de bonnes raisons !
Un long moment les deux hommes restèrent silencieux, poursuivant chacun pour soi, le cheminement de ses propres pensées. - Harm m'a dit que ma mère était morte il y a 4 ans ! - Juste ciel ! Oui, je n'ai pas pu venir aux obsèques, j'étais dans le Golfe Persique. Là j'ai eu peur pour Trich… Mais quand j'ai su quelques jours plus tard que Harm avait eu un nouvel accident… Je me suis presque réjoui de sa disparition… Pauvre femme, si elle avait dû supporter çà en plus du reste !… - Son crash dans l'Atlantique, il m'en a parlé… Mais pourquoi as-tu eu peur pour Trich, après le décès de ma mère, elle était avec Frank ? - Tu n'as pas idée de l'entente qu'il y avait entre elles deux… On aurait pu facilement croire qu'elles étaient mère et fille. Ce qui d'ailleurs a été excellent pour Harm… Mais Sarah Rabb… C'était une femme exceptionnelle, avoir supporté comme elle l'a fait la perte d'un mari et vingt sept ans après, celle d'un fils unique… Chapeau ! Elle a porté Trich et le gamin à bout de bras… Quand on l'a connue, finalement on comprend comment tu t'en es sorti toi aussi…. - Sarah Rabb… C'est curieux, il y aura dans quelques mois, une nouvelle Sarah Rabb !… - Oui, et bien je pense que ce n'est pas un hasard, elles ont pas mal de points communs.. Tu verras..
Le téléphone sonna à cet instant, l'Amiral décrocha. - Boone à l'appareil ! - Amiral, c'est Sarah Mackenzie - Bonjour, Mac, vous voulez Hammer je suppose, un instant je vous prie, il passa le combiné à son ami. - Sarah, content de vous entendre, comment çà passe là-bas ? - Pas le mieux du monde, comme nous le craignions, mais çà va… - Harm a parlé à sa mère ? Vous pouvez tout me dire, Sarah, même si ce n'est pas agréable à entendre… - Trich a eu un malaise après que Harm lui ait annoncé votre retour. Le médecin qui l'a vue nous a rassurés. Le choc a été très fort pour elle…. Mais à présent elle se repose, tout va bien, Harm est auprès d'elle. - Et vous petite, vous tenez le choc ? - Sans problème, il le faut bien. Entre Trich, Harm et Frank, je me dois de rester debout, dit-elle en souriant. Dès que Harm aura un petit moment, il vous appellera. Mais ne vous inquiétez pas surtout, à bientôt.
Mac reposa le téléphone. La maison était silencieuse. Trich dormait, et Harm à bout de nerfs et de fatigue s'était écroulé dans le fauteuil près de sa mère.
A suivre..... _________________________________________ Sylvie Harm : Vous avez un homme qui vous aimera toujours.... Mac : Et vous avez une femme qui vous aime !..

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sanrever Fondatrice

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Joined: 01 Oct 2006 Posts: 3,806
sexe:  Signe du Zodiaque:  Signe Chinois:  Localisation: Rethel
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sylvie brigadier général

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Joined: 02 Oct 2006 Posts: 6,885
sexe:  Signe du Zodiaque:  Signe Chinois:  Localisation: Au-dessus de l'Océan
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Posted: 02/10/2006 19:39:34 Post subject: La Croisée des Destins |
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Bien vu... J'ai posté trop long.... Et je n'ai pas vu.
L'erreur est réparée... en attendant la suite  _________________________________________ Sylvie Harm : Vous avez un homme qui vous aimera toujours.... Mac : Et vous avez une femme qui vous aime !..
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Elemiah Membre d"Honneur

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Joined: 02 Oct 2006 Posts: 746
sexe:  Localisation: Ben dans une fusée bleue entre Martigues et Marseille quelle question !!
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Posted: 02/10/2006 21:12:03 Post subject: La Croisée des Destins |
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Ben juste pour la plaisir, je trouve cette fic vraiment géniale et je prends toujours autant de plaisir à te suivre Sylvie!!!
Alors rien que pour mon petit moral: VIVEMENT LA SUITE (ça fasait longtemps que je l'avais pas écrit ça! ) _________________________________________ ----------- :licorne: ESPERANCE :licorne: ----------- "La terre promise est toujours de l'autre côté du désert ..."
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sylvie brigadier général

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Joined: 02 Oct 2006 Posts: 6,885
sexe:  Signe du Zodiaque:  Signe Chinois:  Localisation: Au-dessus de l'Océan
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Posted: 02/10/2006 21:13:11 Post subject: La Croisée des Destins |
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voici la suite, j'espère que cette fois, elle sera en bonne et due forme...
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Frank avait disparu depuis un bon moment, sans doute dans son bureau pour récupérer et se retrouver un peu seul, face à ses angoisses.
La nuit tombait, le paysage qui s'offrait à elle était somptueux… Elle réalisa soudain, qu'elle avait vécu six mois dans ce pays, sans jamais remarquer sa beauté… San Diego avait été pour elle un passage négatif en tout point…
Harm bougea, elle s'approcha, il se leva et la prit dans ses bras. Soucieux de ne pas réveiller Trich, ils s'éloignèrent et retournèrent vers la fenêtre que Mac venait de quitter. - Comment te sens-tu mon Chéri ? - Mieux ! J'ai dormi longtemps ? - Deux heures environ… Tu en avais grand besoin… Ta mère dors depuis un peu plus longtemps que toi, mais çà ne peut que lui faire du bien. - Et vous Marine ? Le sommeil c'est pour quand ? Il l'attira contre lui en la berçant… Elle se dégagea juste assez pour rencontrer son regard. - J'ai parlé à ton père… Je lui ai expliqué le malaise… Et les conclusions du médecin. Ce serait bien que tu lui téléphones, il s'inquiète pour toi… Je l'ai rassuré de mon mieux, mais ce n'est pas pareil. - Sans doute, je vais aller prendre une douche, et me changer, je l'appellerai ensuite. J'en profiterai pour passer un coup de fil à Mattie. - Entendu, je reste là au cas où ta mère se réveillerait.
Le Capitaine eut le temps de mettre tous ses projets à exécution, avant que Trich ne se manifeste.
Frank avait fait une brève incursion dans le salon, pour repartir aussitôt sans rien dire. Mac en avait conclu qu'il souhaitait s'isoler… Pour lui aussi la journée avait été dure !
- Harm ! - Maman, je suis là, tu veux quelque chose ? - Que tu me donnes quelques explications sur ce que tu m'as appris ce matin… Je n'ai pas rêvé ? - Non Maman, Sarah peux te le confirmer… Mais avant, je veux que tu me promettes de ne pas t'énerver. Je suis prêt à te dire tout ce que veux savoir, Papa n'a rien à cacher, donc moi non plus. - Voulez-vous un peu de thé, je viens d'en faire pour Harm et moi ? - Avec plaisir, Sarah, çà va me secouer un peu, j'en ai grand besoin. Elle avala presque d'un trait la tasse que lui présenta Mac et se tournant vers son fils, elle lui dit : - Bien maintenant je t'écoute mon Chéri ! Raconte moi, mais avant je voudrais que tu me pardonnes de n'avoir pas cru en ton instinct… - Maman ! Il y a des années que je n'y croyais plus moi-même, quand nous sommes rentrés de Russie, j'avais perdu tout espoir… C'est tout juste si on ne nous avait pas présenté une sépulture… Et pourtant à cette époque, je ne suis pas passé loin du but… - Il se porte bien malgré tout ce qu'il a dû traverser ? - Aussi incroyable que cela puisse paraître, il est en pleine forme… S'il n'avait pas eu cette crise de paludisme, serait-il de retour aujourd'hui, nous ne le saurons jamais… - Quelle crise ? Ton père n'était pas atteint de paludisme, mais c'est vrai qu'il a vécu en Asie… - En Asie, en Russie, en Sibérie, il a vécu dans des conditions propices à attraper ce genre de mal. Il ne m'a pas encore donné de détail là-dessus, mais ceux qui sont revenus plus vite que lui n'y ont pas souvent échappé. - Tu m'as parlé de Berlin ? Qu'y faisait-il ?….
Harm raconta à sa mère, les touristes, le centre des ONG, les coupures de magasine et surtout Clay, arrivant par le plus grand des hasards pour assembler l'incroyable puzzle. - C'est donc ce Clayton qui a averti l'Amiral… Dieu le bénisse… Et c'est vous Sarah qui avez été le messager auprès de Harm. - Oui, çà n'a pas été facile, mais pour rien au monde, je n'aurais laisser la place à quelqu'un d'autre, j'avais si peur de sa réaction… - Je ne me suis pas évanoui, mais j'ai dû m'asseoir et reprendre mes esprits un bon moment avant de réaliser. - Parle-moi de ton Père, Harm… - Regardez votre fils, et imaginez-le avec des cheveux blancs…. Vous verrez Hammer ! s'exclama Sarah en lui souriant… Tous ceux qui les ont vus ensemble, sont encore sous le choc, moi la première… - A ce point, c'est vrai que tu as ses yeux, son sourire, mais pour le reste, j'ai le souvenir d'un jeune homme de vingt neuf ans… Elle se tut soudain, étreinte par l'émotion… - J'ai passé la quarantaine et Papa a soixante cinq ans, nous avons tous changé… Quand je suis parti, je ne m'attendais pas à trouver l'homme dont la photo m'a suivi partout. D'autant que sur celle que j'ai datant de 1980, il semble plus vieux qu'aujourd'hui… - Je n'ai jamais voulu voir cette photo, je le regrette. Que sait-il de moi ? - Tout, ton remariage avec Frank, ta vie en Californie. Comme tu sais qu'il est le père de Sergei. C'est une des premières choses qu'il ait demandées à Tom, ce que tu avais fait de ta vie. Pour moi, les coupures de journaux l'avaient renseigné, du moins en partie. - Je n'arrive pas à imaginer qu'il ait vécu cet enfer, tandis que nous étions confortablement installés dans nos vies... De quoi a-t-il vécu durant tout ce temps ? - Et bien... tu sais, il a été contraint à un travail forcé jusqu'en 1982, quand il s'est évadé. Après il a travaillé pour subvenir à ses besoins jusqu'en 2000 où les choses sont devenues plus difficiles, le travail a manqué, nous en avons entendu parlé... - Et après ? - Il a migré vers l'ouest de l'Europe comme nombre de Russes, c'est ainsi qu'il est arrivé en Allemagne après avoir vécu en Pologne... Tu connais la suite... - Y-a-t-il des choses que tu ne dises pas Harm ? - Non Maman, pourquoi ?... Résumée ainsi, la vie de Papa peut paraître simple, mais en réfléchissant, il est facile d'imaginer par où il est passé physiquement et moralement.... Mais de çà, il n'en parle pas... - C'est bien lui, il a toujours agit comme çà... même très jeune, tu lui ressembles aussi dans ce domaine...
Trich s'interrompit soudain, son regard se porta au loin, comme si elle renouait avec des souvenirs enfouis au plus profond d'elle-même.
Harm et Mac échangèrent un regard, l'un et l'autre pensaient que les révélations suffisaient amplement pour la journée.
Une question, cependant taraudait Harm, à aucun moment, sa mère n'avait demandé à voir Hammer…
Résidence Burnett- La Jolla Californie - 19.12.2005
Vers 20 h, Lucia, la fidèle cuisinière, femme de chambre, âme de la maison depuis des années, leur servit un repas léger.
Trich avait repris des forces quant à Frank, il avait rejoint le salon toujours muré dans son silence.
Le dîner fut tendu, Harm était décontenancé par le comportement de son beau-père et le souci qu'il avait de sa mère, Mac soucieuse pour Trich et surtout pour Harm, qu'elle sentait à cran.
Concernant Frank, la jeune femme ressentait un mélange de compassion et de défiance. Elle ne comprenait pas son mutisme acharné.
Avant le malaise de Trich, elle s'était souciée de lui, tout comme après en tentant de le rassurer de son mieux, il s'était même confié à elle !…
Quelque chose lui échappait, elle ne comprenait rien à ce revirement.
Prétextant la fatigue due au décalage horaire, Harm et Mac se retirèrent dans leur chambre. Ils s'attardèrent un peu sur la terrasse à contempler le superbe panorama qui s'offrait à leurs yeux.
Mais rattrapés par un réel besoin de sommeil, ils s'endormirent rapidement lovés l'un contre l'autre.
Trich avait gagné sa chambre quelques minutes après le jeune couple. Frank vint la rejoindre presque aussitôt. - Pas trop fatiguée, ma Chérie demanda-t-il - Un peu, mais j'ai respecté les conseils du médecin en me reposant une bonne partie de l'après-midi, je pense que çà m'a fait du bien… Je me sens vraiment mieux. Mais où étais-tu passé tout ce temps ? - Je ne voulais pas entendre les révélations de Harm, çà ne me regarde en aucune manière… - Mais pourquoi, lorsqu'il arrivait que l'on évoque Harmon, tu étais présent si je ne m'abuse, tu as parfois même pris le parti de mon fils contre moi, à son sujet, rappelle-toi quand il est parti en Russie... - Peut-être mais là c'est différent, je ne veux pas me mêler de près ou de loin à tout cela. - Et que vais-je faire ? Rencontrer mon fils en dehors de ta présence pour qu'il puisse me parler de son père. Car dis-toi bien qu'en retrouvant Hammer et en réglant ses problèmes de couple avec Sarah, Harm voit se réaliser ses rêves les plus fous... Ce n'est pas moi qui m'en plaindrais.. - Ce n'est pas ce que je veux dire, mais je ne me sens pas à ma place dans ces discussions concernant ton précédent mariage…sachant que ton mari est vivant…. - Mon Mari !… Pour le moment, sauf erreur de ma part, c'est TOI, mon mari et depuis bientôt vingt cinq ans…. - Tu le penses sincèrement, - C'est un fait, je n'ai pas à penser ou pas… Frank qu'est-ce qui te passe par la tête ? - J'ai très peur de te perdre. Je voudrais être à de milliers de kilomètres et n'avoir jamais entendu parler de tout cela… - Désolée, mais je ne vais pas conseiller à mon fils de renvoyer son père en Europe pour effacer tes craintes. As-tu réfléchi à ce que je pouvais moi-même ressentir ? - Oh oui ! Et c'est ce qui m'angoisse… Je sais quelle place Hammer a gardé dans tes pensées, je ne serais pas étonné si tu me disais que tu l'aimes encore. - Arrête ! Ne sois pas stupide, quand tu m'as épousée, tu savais tout de ma vie, je ne t'ai jamais rien caché, y compris mes sentiments concernant ma vie passée… Je ne te dirais pas le contraire aujourd'hui… - Et çà nous mène où d'après toi ? Tu vas prendre le premier avion pour Washington et aller rejoindre Hammer ! - Que ce soit demain ou dans un mois, il est inéluctable que je le rencontre… Même si je ne le souhaitais pas, ce qui n'est pas le cas, ne serait-ce que pour mon fils, je le ferais. Il a été privé de son père durant plus de trente six ans, je ne vais pas lui faire le coup de devoir choisir entre ses deux parents… Hammer sait que je suis mariée, et il l'a fort bien compris, lui… - Quelle grandeur d'âme… C'est vrai qu'il n'a rien à dire, il ne s'est pas privé, puis qu'il a fait un bâtard. - Que venez-vous de dire ? Harm était entrer dans la pièce comme une furie. Osez répéter ce que vos venez de dire à propos de mon père… - Harm ! je t'en prie… Laisse-moi régler çà avec Frank.. - Non Maman, si vous n'aviez pas hurlé au point de nous réveiller Sarah et moi, je n'aurais rien su de la haute estime de Frank à l'égard de Papa, ni de ton peu d'empressement à le défendre. - Tu n'as pas le droit ! - Le droit de quoi ? De défendre mon père, alors qu'il a souffert un véritable enfer des années durant loin de tout, de sa famille, de son pays. Tout çà pour le servir ce pays qui l'a oublié comme beaucoup d'autres... Mais tu rêves Maman… Il n'a fait que survivre, quand tant d'autres se prélassaient confortablement dans leur petite vie paisible.. Je ne tolérerais JAMAIS que l'on touche à un seul des cheveux de mon père… JAMAIS… - Harm, calme-toi s'il te plaît… - Rassure-toi, Maman, je vais me calmer… Dès demain j'aurai quitté cette maison, je partirais même sur le champs s'il n'y avait pas Sarah… Finir la nuit dehors ne m'effraie pas, j'en ai vu d'autre... En arrivant à Washington, j'essaierai de trouver quelque chose à dire à Papa afin de ne pas le blesser, pour expliquer ta conduite.
Sarah debout sur le seuil de la porte observait, incrédule, la scène qui se déroulait sous ses yeux. La rejoignant, Harm lui dit : - Viens Sarah, nous n'avons plus rien à faire ici ma Chérie…
Résidence Burnett - La Jolla Californie - Nuit du 19 au 20.12.2005
De retour dans leur chambre, Harm se précipita sur la terrasse comme si la fraîcheur pouvait apaiser sa colère. Là il s'écroula dans un fauteuil, la tête entre les mains. Mac le suivit sans dire un mot…
Elle ne l'avait jamais vu dans un telle fureur… Et pourtant, en neuf ans, elle avait assisté à des scènes plus ou moins houleuses au JAG… Elle se souvenait de quelques réactions violentes, telle celle à l'égard de Palmer…
Elle posa la main sur son dos en un geste de réconfort. Comme l'Amiral Chegwidden, elle savait que tout ce qui touchait à son père était sacré pour lui. Elle en avait même été agacée parfois, elle dont le père n'avait rien de vénérable… Mais comment comparer un Harmon Rabb à un Joe Mackenzie !!!
Découvrant au fil des jour, la personnalité de celui qui allait devenir son beau-père, elle avait compris l'admiration suscité par cet homme chez son fils, tout comme chez l'Amiral Boone.
Certes, Harm n'avait toujours vu que le "héros" dont il avait amplement suivi l'exemple, qui plus est, avec le regard de l'enfant qu'il était à sa disparition. Sa grand-mère devait avoir sa part dans cette adoration sans borne.
Mais l'homme revenu du bout de l'enfer, méritait tout autant son admiration. Harmon Rabb Sr était un être bon, sans rancœur et sans amertume, soucieux de ne rien déranger pour son propre bien être.
Elle avait eu parfois la sensation qu'il s'excusait presque d'être revenu parmi les siens et de ce fait, bouleverser leurs existences…
Harm se redressa, la sortant de ses pensées, - Mac ! Pardonne moi de t'avoir exposée à ce spectacle… Je suis désolé que tu aies été le témoin de cette lamentable scène de famille… - Tu n'as pas à t'excuser, tu as réagit selon ton cœur… Mais tu ne peux pas exiger que tout le monde se réjouisse du retour de ton père, comme tu le fais… - Que veux-tu dire ? - Frank est jaloux, il a peur de la réaction de ta mère. Il a peur de la perdre… - Ben voyons ! A mon avis, il n'a rien à craindre… De toutes les questions que ma mère m'a posées, pas une n'a concerné l'éventualité d'une rencontre. - Elle a besoin d'assimiler cet incroyable retour… - Peut-être… Mais rien ne justifie les insultes à l'égard de mon père. Pour qui se prend-il ? Il a toujours nagé dans le fric et le confort, comment veux-tu qu'il imagine un seconde ce qu'a pu être la vie de mon père durant ses années d'exil… - Chéri, je crois qu'il faut avant tout laisser du temps au temps, comme on dit… Ne rien forcer. Tu as fait ce que tu devais vis-à-vis de Trich… Mais il n'est pas en ton pouvoir de lui dicter sa conduite. - D'accord, et comment j'explique çà à mon père ? - Hammer est suffisamment intelligent pour comprendre, même s'il est un peu déçu… Il n'est pas naïf, sachant Trich remariée, il ne s'attend certainement pas à ce qu'elle lui tombe dans les bras. Je pense que c'est un pan de sa vie sur lequel il a tiré un trait.. - J'aimerais partager ton optimisme, Sarah, mais je suis sûr, qu'il sera terriblement déçu…
Harm se tut et se levant, serra Mac contre lui. Ils restèrent un long moment ainsi, enlacés, livrés chacun à ses propres pensées. Ce fut lui qui rompit le silence : - Et pour notre mariage, devrais-je choisir lequel des deux sera présent… - Espérons que les tensions seront retombées d'ici là, mon Chéri… - De tout façon, mon choix est fait d'avance, la présence de mon père n'est pas négociable… Seigneur, si ma grand-mère devait voir çà, pauvre femme … Après tout ce qu'elle a fait pour moi, pour ma mère.. Je ne suis pas fier, tu sais… - Ce n'est pas à toi d'endosser la responsabilité du comportement de Trich ou de Frank. Je te le répète, tu as fait ce qui devait être fait. Tu n'as rien à te reprocher… Et, plus j'y pense, plus je suis certaine que ce qui importait le plus à ton père, c'était de te retrouver TOI… - Qu'est-ce que tu entends par là ? - Que Hammer est un être lucide, qui a disparu durant trente six, abandonnant bien malgré lui, une toute jeune femme, jolie de surcroît et un enfant. S'il a lutté pour revenir, ce n'est pas pour retrouver une femme l'attendant sagement au foyer, même si sa mère l'a fait. Mais dans l'espoir de retrouver son fils. Et dans son malheur, il a enfin la chance de retrouver non pas un, mais deux enfants que tout aurait dû séparer et qui par miracle sont unis autant que deux véritables frères peuvent l'être… Les relations entre Lauren et moi, ont évolué de manière plus que positive et totalement inattendue, ce qui exclut d'éventuels désaccords... Je le crois assez sage pour que cela suffise à son bonheur… - Et bien ma Chérie, je vois que mon père a fait ta conquête, répondit Harm retrouvant enfin le sourire… - Je me rappelle avoir dit un jour qu'un Harmon Rabb dans ma vie c'était suffisant, il faut bien que je me fasse à l'idée d'en avoir deux !.. - Qu'est-ce que je ferais sans vous Marine ? - Çà fait neuf ans que je me pose la question… Pilote. Elle lui mit un baiser sur les lèvres, puis se blottit contre lui, soulagée de voir enfin s'apaiser la tempête.
La tension retomba doucement, mais le sommeil les avait abandonnés. Sarah s'était rangée à l'idée de Harm, quitter la Jolla au plus vite. Leur retour à Washington n'étant prévu que pour le surlendemain, ils s'installeraient à l'hôtel, profitant pour eux seuls, de deux journées de détente et de tendre solitude.
Résidence des Roberts Virginie - 20.12.2005
Sur le seuil de la cuisine Lauren et Mattie étaient en proie à un véritable fou rire… Devant elles Harriett était au trois quarts couverte de pâte à crêpes, un geste malencontreux avec son mixeur avait envoyé à terre et sur la jeune femme le contenu du bol … Le goûter qu'elle préparait était largement compromis.
A.J. Jr arriva de l'école, voyant le spectacle, il n'eut pas besoin d'explication, et jetant un regard vers Mattie, affirma le plus sérieusement du monde - Tu vois, il n'y a pas que les enfants qui font des bêtises… Mais quand c'est les mamans, tout le monde rit… - On dit bonjour A.J. répondit Harriett, maîtrisant pour un temps son four rire. Mais tu es tellement malheureux ! - La vérité sort de la bouche des enfants… Intervint Sergei réprimant un éclat de rire, devant le tableau qu'offrait leur amie, avec son jean et son pull couverts de farine. - Pas de collusion masculine s'il te plaît lança Lauren, d'abord nous sommes en majorité…
Sergei ne se sentit pas battu pour autant, il attrapa son épouse au vol et lui plaqua un baiser sur la bouche pour l'interrompre. Harriett émergea de son nettoyage et la préparation du goûter, et du repas du soir repris son cours.
Noël arrivait à grand pas. Bud et Harriett avaient décidé que le Réveillons se tiendrait chez eux… Il y avait un bon moment qu'ils ne l'avaient pas organisé, et cette année la fête revêtirait un aspect particulier. Le Capitaine et le Colonel étaient officiellement fiancés et surtout Hammer vivrait son premier Noël au milieu de siens.
Le couple Roberts étaient d'autant plus enclins à organiser cette fête, du fait qu'au JAG, depuis le départ de l'Amiral, rien n'était plus pareil…
Leurs amis étaient éparpillés aux quatre coins du globe. Et les nouveaux arrivés n'attiraient pas spécialement la sympathie, même pour des esprits aussi conciliants que ceux de Bud et Harriett…
Il régnait une ambiance de rivalité pesante, que Cresswell n'arrivait pas à maîtriser ou qu'il ignorait volontairement.
Depuis quelques jours l'heure était donc venue de décorer la maison. Harriett avait ressorti du grenier, des trésors soigneusement rangés qu'elle avait complétés après un tour dans les magasins.
Sergei et Lauren avaient proposé leur aide tout comme Mattie. Il fallait que tout soit prêt pour le retour de Harm et Mac prévu pour le lendemain soir. Hammer et l'Amiral Boone étaient attendu pour le 24.
Tous iraient assister au prêche de l'Aumônier Turner dans la chapelle de Falls Church. Bud avait appris la veille que Sturgis serait en permission. Ce serait tout l'ancien staff du JAG qui serait réuni à l'exception de l'Amiral retenu en Italie auprès de sa fille.
Résidence Burnett - La Jolla Californie - 20.12.2005
Malgré la contrariété qui les avaient tenus éveillés une grande partie de la nuit, Harm et Sarah s'étaient endormis serrés l'un contre l'autre dans un grand fauteuil de la chambre qu'ils occupaient.
Ils furent réveillés par la clarté du jour. Dans la maison, Trich et Frank étaient vraisemblablement levés, des bruits de voix venaient de la cuisine et de la terrasse.
Harm se redressa à regret. Il allait falloir affronter une fois de plus sa mère et son beau-père et si sa colère était retombée, il n'en était pas moins contrarié. Mac lui sourit comme pour l'encourager. Leurs bagages ayant été à peine ouverts, ils seraient près à partir très rapidement.
Après avoir échangé un baiser plus que tendre, Harm se décida : - Je vais voir ma mère et prendre un café. - Entendu mon Chéri, mais reste calme, je t'en prie… Il s'agit de ta mère, ne l'oublie pas…
Quand Harm pénétra dans la cuisine, il y trouva Trich attablée devant une tasse de thé. - Bonjour Maman, - Harm, je voudrais que nous ayons une discussion.. - Maman, je pense que l'on s'est tout dit. Du moins pour ma part. Sarah et moi partons tout à l'heure. - Vous deviez rester encore deux jours, et nous avons des questions à régler… - Tu as des questions à régler, pas moi Maman… Et je ne peux ni ne veux les régler à ta place. Nous allons regagner Washington où d'autres problèmes nous attendent, professionnels en particulier, et j'essaierai d'expliquer à Papa que tu as besoin de temps… Au point où il en est … Il a appris la patience ! - Frank et moi avions prévu de partir comme chaque année à cette période. Nous allons faire ce voyage, çà me permettra de réfléchir… - Tu as raison Maman… Passez de bonnes vacances. Papa ne sera pas seul, il nous aura Sarah, Mattie et moi ainsi que son "bâtard" et Lauren. Et bien évidemment son vieil ami Tom, sans parler des nôtres qui l'ont accueilli à bras ouverts. - Frank n'a jamais… - S'il te plaît Maman, n'insiste pas… Il a peur ? A toi de le rassurer, mais ne compte sur moi.
Sarah arriva dans la cuisine. Elle salua Trich et adressa un regard soutenu à Harm, dont elle sentait la colère prête à renaître. - Bonjour Trich, et se tournant vers Harm, veux-tu me donner un peu de café mon Chéri. - Bien sûr… Tu es prête ? J'ai prévenu Maman que nous partions. - Nos sacs sont dans l'entrée. il n'y a plus qu'à les prendre. - Alors j'appelle un taxi. Sans rien ajouter, il sortit de la pièce, le portable à la main. - Je suis désolée Sarah, dit Trich. Harm ne comprend pas… - En effet il ne comprend pas, mais il a surtout été blessé par les propos pour le moins maladroits de votre mari. Vous savez mieux que quiconque ce que représente Hammer pour votre fils.. - Vous en savez certainement plus que moi à ce sujet… J'ai pratiqué la politique de l'autruche, c'est pourquoi Harm était si attaché à ma belle-mère. Elle savait écouter ses espoirs, ses rêves…Peut-être parce qu'Hammer était son propre fils… Aujourd'hui, je m'aperçois une fois de plus qu'elle s'y est mieux prise que moi. Ce fut elle, finalement sa véritable mère… Elle l'a élevé et contrairement à moi, elle a mieux réalisé le besoin qu'il avait de son père…
Quelques heures plus tard, ils s'installait dans un bel hôtel aux abords de San Diego. Durant le trajet Harm n'avait pas dit un mot. Il tenait la main de Mac enfermée dans la sienne.
A la pression de cette main, Sarah mesurait sa tension nerveuse, elle en était endolorie… Mais, il lui fallait le temps de se calmer, elle-même n'étais pas vraiment satisfaite de son passage à la Jolla, c'était le moins que l'on puisse dire…
Elle avait jeté un coup d'œil de temps à autre sur le paysage, malgré la beauté des lieux, son regard revenait toujours vers l'homme assis à ses côtés, dont le visage restait obstinément tourné vers la route.
Le chauffeur de taxi, quant à lui n'avait proféré que les quelques paroles indispensables.
Résidence Burnett - La Jolla Californie - 20.12.2005
- Ils sont partis ? questionna Frank en pénétrant dans la cuisine où Trich pleurait sur l'épaule de Lucia. - Il y a quelques minutes. Harm ne m'a pas même dit au revoir… - Sa colère passera. Ne restons pas là, vient sur la terrasse. - Et qu'est-ce que çà changera… Mon fils est parti sans m'embrasser, en claquant la porte… Et je n'ai aucune idée de quand je le reverrai… Il m'en veut. C'est de ma faute.. - Comment çà de ta faute, Trich ne dis pas çà. - Et qu'est-ce que tu veux que j'en conclus… Tu veux que je m'en réjouisse peut-être. D'autant que tu as ta part dans ce gâchis, je te l'ai déjà dit.. Quel besoin d'insulter Hammer ? Qu'ai-je fait de pire, je t'ai épousé sans avoir la certitude de son décès, la preuve ! - Ecoute, j'admets que cette parole était de trop et injustifiée. Mais de là à en faire un drame... - Tu sais très bien que Harm voue une véritable adoration à son père et qu'il ne supportera jamais la moindre insulte à son égard. Alors n'essaie pas une nouvelle fois de minimiser les choses. Nous allons faire ce voyage en Grèce. Cà ne peut que nous faire du bien et nous permettre de faire le point. - Quel point s'il te plaît ? Celui sur ton avenir, sur ton choix entre ton 1er et ton 2e mari…Parce que ci c'est de çà dont tu parles, essaie de ne rien oublier. Songe qu'en retournant avec Harmon, tu récupéreras ton fils, mais je ne pense pas qu'un Capitaine de Corvette en retraite, même avec un arriéré de soldes considérable, puisse t'assurer le train de vie auquel tu es habituée depuis vingt ans…
Il se leva et rentra dans la maison, quelque secondes après elle entendit claquer la porte du salon.
Trich n'avait pas eu le temps de répondre. La dernière réplique de Frank l'avait laissée sans voix. La prenait-il pour une femme intéressée ?
Les idées se bousculait dans sa tête. Elle devait réfléchir sereinement. En Grèce, elle aurait le temps. En rentrant elle y verrait plus clair…
Eden Park Hôtel - San Diego Californie - 20.12.2005
La chambre donnait sur l'Océan, là encore un paysage magnifique s'offrait à leurs yeux. Sarah avait visité avant de se décider, c'était parfait…
Ils avaient devant eux une longue journée et toute une nuit pour essayer d'oublier un peu les tracas familiaux et ne penser qu'à eux. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés ils n'avaient jamais été seuls. Ou simplement pour quelques heures.
A Berlin, les nuits passées ensemble les avaient jetés aux bras l'un de l'autre. Mais ils n'avaient pas retrouvé la magie de celle, vieille de six mois, à Washington, au sortir du Mac Murphy…
Leur première nuit !...
Sarah ferma les yeux un moment, revivant ces moments magiques, la découverte réciproque de leurs corps dans l'intimité absolue et dans les gestes de l'amour…
Deux bras vinrent lui enserrer la taille et un visage se posa dans le creux de son cou… Elle ne l'avait pas entendu arriver, plongée dans sa douce rêverie. - Qu'est-ce qui t'inspire tant ? - Toi ! - Ouh… Mais encore dit-il, la faisant pivoter pour qu'elle lui fasse face. Quel programme ma Chérie, - Je repensais à notre première nuit dans mon appartement à Washington… - Tu as de regrets Trésor questionna-t-il en fronçant les sourcils, s'il se souvenait de cette nuit tout autant qu'elle, il n'avait pas oublié le réveil brutal le lendemain matin, et les conséquences catastrophiques qu'ils avaient eu sur leurs deux vies. - A part celui de m'être conduite comme une imbécile, le lendemain, je n'ai aucun regret bien au contraire…
Elle avait plongé son regard sombre dans le sien. La lueur qui brilla dans ses yeux était suffisamment significative pour que Harm se rassure et comprenne ce qu'elle désirait… Il l'embrassa tendrement, puis de plus en plus ardemment. La soulevant du sol, il la conduit vers le lit.
Ils émergèrent vers 5 h de l'après-midi Ils avaient dormi après avoir fait l'amour. Ils se résolurent à regagner la civilisation. - J'ai faim… lança Sarah en s'étirant. - Tiens dont, quelle nouvelle ! J'ai intérêt à faire attention, un de ces jours tu me dévoreras tour cru… - J'en aurais pour plusieurs repas mon Cœur… Hummh !.. C'est assez appétissant, je garderai ton âme pour le dessert.. - Je vais épouser une anthropophage ! J'ai toujours eu le don de me fourrer dans des situations pas possibles, disant cela il leva les yeux au ciel mimant un geste de prière… - Çà aussi çà fait 9 ans que je te le dis. Ils éclatèrent de rire. - Allez debout, Colonel, si vous voulez vous sustenter, il faut se bouger - Je suis prête dans 15 minutes Pilote, juste le temps de prendre une douche et de m'habiller. - Je peux t'accompagner si tu veux… - NNNon. Non. Nous sommes pressés !
Seul dans la chambre Harm resta un instant tourné en direction de la porte de la salle de bains où elle avait disparu et se dirigea vers la terrasse en hochant la tête, un large sourire sur le visage. - Seigneur ! Comment aurais-je vécu çà sans elle ? songea-t-il. Quand on dit qu'un malheur n'arrive jamais seul, je crois qu'il en va de mêmes pour les joies…
Résidence Amiral Boone - Près de Norfolk Virginie - 21.12.2005
Hammer et Tom étaient attablés devant un petit déjeuner copieux, écoutant d'une oreille plutôt distraite les infos distillées par ZNN. - Quand j'y pense, depuis que nous sommes au monde, çà aura été pour entendre parler de guerre, tu me diras que c'est notre métier qui veux çà, mais tout de même ! - Tu sais Tom, j'ai décroché des réalité du monde par force, mais depuis que j'ai refait surface, même dans les pays de l'Est, j'ai en effet découvert que rien n'avait changé sous le soleil… Et je ne suis pas très optimiste pour la suite. - Bah à dire vrai, moi non plus… Pour parler de choses plus agréables, c'est aujourd'hui, qu'il rentre ton fiston. - Ce soir, Sergei m'a dit qu'il allait les chercher à Dulles avec leur ami Bud. - Quelque chose t'ennuie la dedans ? - Je ne suis pas certain que Harm et Sarah m'aient tout dit concernant Trich… - Qu'est-ce qui te laisse supposer cela ? - Une certaine gêne dans ma conversation avec Harm, tout comme avec Sarah… Sans oublier que Trich n'a pas demandé à me parler ! - Tu sais vieux …. Il ne faut peut-être pas brusquer les choses… Lui laisser le temps de digérer la nouvelle. Harm a réagit au quart de tour, c'est d'accord, mais il n'a pas le même âge, sans oublier qu'au plus profond de lui-même il a toujours refusé l'idée de ta disparition… - Pourtant, ce n'est pas les arguments contraires qui lui ont manqués… - C'est sûr… Mais chacun se comporte selon son tempérament… - J'ai surtout l'impression que Trich a refait sa vie, et qu'elle a peur que je m'impose dans la sienne… Seigneur ! Loin de moi l'idée de vouloir chambouler son existence… - Si elle n'y a pas songé, son mari l'aura sûrement fait à sa place, c'est certain. Et comme avec Harm, les relations n'ont jamais été au-delà de la courtoisie… Il doit se faire du souci Monsieur Burnett….
A suivre.... _________________________________________ Sylvie Harm : Vous avez un homme qui vous aimera toujours.... Mac : Et vous avez une femme qui vous aime !..
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