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scarlette 2e lieutenant

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Joined: 24 Jul 2008 Posts: 31
sexe:  Signe du Zodiaque:  Signe Chinois:  Localisation: METZ LORRAINE
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Posted: 25/10/2008 20:18:18 Post subject: LES AILES DU VENT |
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Les ailes du vent
Je dédis cette fanfic à mon amie Julie qui est assez patiente pour accepter de m’entendre parler d’Harm pendant des heures.
Depuis le temps que je te parle de cette fanfic sur la guerre de Sécession, il était grand temps que je me mette à l’écrire… Alors, voilà c’est fait…
Chapitre 1
Au nord de Gettysburg 1er juin 1863
Sarah s’assit sous la véranda et regarda longuement le paysage autour d’elle. Ce geste lui était si familier qu’elle était capable de décrire tout ce qui l’entourait avec une précision sans limite.
Sarah Mackenzie avait 34 ans et était veuve depuis 5 ans déjà. La nature avait choisi de ne pas lui donner d’enfants et Sarah en souffrait terriblement.
Son mari l’avait quitté 5 ans auparavant pour s’en aller en Californie avec une autre femme. Mais la mort l’avait rattrapé quelques mois à peine après son arrivée.
Sarah avait donc hérité de toute sa fortune ainsi que de cette belle demeure, perdue au milieu de ce grand domaine au nord de Gettysburg.
Sarah se leva et descendit lentement les marches du perron. Il y avait tant de grâce paisible dans sa marche, dans les lents mouvements de sa crinoline.
Sarah était grande, son cou rond et mince que dégageait le fourreau de taffetas bleu foncé de son corsage, était d’un blanc laiteux et mettait en valeur sa chevelure luxuriante emprisonnée dans une résille. Ses yeux marron fendus en amande et ses cheveux foncés ne faisaient que ressortir l’agréable contour de ses joues arrondies.
Mais ce n’était qu’à la vie que le visage de Sarah avait pu emprunter sa fierté sans limite et son charme légendaire.
Elle était une femme d’une beauté surprenante sur qui les années semblaient glisser sans réussir à altérer cet éclat dans ses yeux, cette chaleur dans son sourire, cette vivacité dans sa voix au timbre si harmonieux. Elle s’exprimait d’un ton traînant et doux, dans lequel on pouvait ressentir ses origines géorgiennes.
Sarah était née et avait vécu à Savannah. Sa famille était une des plus aisées mais également une des plus aimées de Savannah.
Sarah avait donc était très triste lorsque, après son mariage, il lui fallut définitivement partir si loin de ceux qu’elle aimait, pour venir s’installer à Gettysburg, dans une ville dont Sarah connaissait à peine le nom. Mais grâce à sa gentillesse et à sa simplicité, elle avait rapidement conquis le cœur d’une majorité des habitants de cette ville où elle était désormais aimée et respectée.
Lorsque cette guerre entre Nord et Sud avait éclaté, le cœur de Sarah s’était arrêté de battre l’espace d’un instant. Elle s’était retrouvée tiraillée entre son amour pour le Sud qui l’avait vu grandir, et son affection pour le Nord qui l’avait si bien accueillie et intégrée lors de son arrivée des années auparavant. Elle avait pleuré des nuits durant, priant pour ceux qu’elle aimait, maudissant cette guerre qui ne faisait que du tort à cette jeune nation jusque-là si prospère et promise à un grand avenir.
_ « Sarah ! Des soldats arrivent !! » S’exclama Harriet.
Sarah releva les yeux et tourna la tête dans la direction d’où provenait le martèlement des chevaux. Elle monta les marches du perron et rejoignit Harriet qui, apeurée, ne cessait de bouger.
_ « Je vais chercher le revolver d’oncle Matthew ! » s’écria Harriet en entrant dans la maison.
_ « Harriet, n’y touche pas ! Il est en mauvais état, tu pourrais te blesser ! » Lui répondit Sarah en la rattrapant par la taille.
_ «On a vu bien pire que cela, n’est-ce pas ? » continua t-elle
Harriet réussit à sourire.
Depuis la mort de son mari, au début de la guerre lors de la bataille de Bull Run dans le nord de la Virginie, Harriet était venue vivre avec ses deux enfants chez Sarah qui s’inquiétait pour sa sécurité.
Harriet était une jeune femme blonde aux yeux bleus âgée de 28 ans. Elle était mère d’un petit garçon de 6 ans, Jimmy, et d’une petite fille de 4 ans, Margaret.
Il y avait entre Harriet et Sarah une amitié solide reposant sur un secret bien gardé par les deux jeunes femmes.
Sarah regarda les deux cavaliers yankees mettre pieds à terre.
Le premier s’avança vers les deux jeunes femmes et Sarah vit les galons de capitaine sur la veste de son uniforme. Elle fut surprise par sa taille. En effet, le jeune capitaine la dépassait d’une tête. Sarah ne put s’empêcher de le détailler brièvement. Elle dû reconnaître qu’il était bel homme : ses cheveux presque noirs coupés court et son visage souriant mirent immédiatement Sarah en confiance. Elle fut sous le charme de ses magnifiques yeux bleus qui ne cessaient de la fixer avec insistance.
_ « Mes hommages, mesdames. Je souhaiterais m’entretenir avec la maîtresse de maison… » Annonça le beau capitaine.
Sarah s’avança d’un pas.
_ « Sarah Mackenzie. Je suis la propriétaire de ce domaine. » Lui répondit-elle
_ « Capitaine Harmon Rabb. Vous me voyez très honoré de faire votre connaissance. »
Sur ces mots, Harm prit la main que Sarah lui tendait et, au lieu de la simple poignée de mains auquel s’attendait la jeune femme, il y posa un baiser.
Sarah se sentit frissonner sous cette tendre caresse. Cela faisait tellement longtemps qu’un homme n’avait pas eu autant de prévenance envers elle.
Harm se redressa et lui sourit. _ « Cet homme sait qu’il a un charme ravageur et il n’hésite pas à s’en servir… » Pensa Sarah en lui rendant son sourire.
Harm s’écarta pour laisser passer le jeune homme qui l’accompagnait.
_ « Voici le lieutenant Bud Roberts »
Il était plus petit qu’Harm. Ses cheveux blonds cendrés et ses yeux bleu pâle lui donnaient un visage quelque peu poupin mais Sarah remarqua qu’Harriet le fixait, un sourire aux lèvres, et elle n’hésita pas à s’approcher des deux hommes.
_ « Harriet Sims. Je suis la cousine de Madame Mackenzie »
Sarah se retint de rire et fit installer tout le monde sous la véranda.
_ « Capitaine, vous ne m’avez pas dit ce que me vaut votre visite » annonça Sarah tandis que Cassie, la jeune domestique, servait des rafraîchissements.
_ « Oh, veuillez m’excuser. » répondit Harm
Il sortit une enveloppe de la poche de sa veste et la tendit à Sarah qui s’empressa de la décacheter. Elle parcourut rapidement la lettre avant de la rendre à Harm.
_ « Selon les dires de cette lettre, votre général souhaiterait que je mette deux chambres à disposition pour ses soldats… » Annonça Sarah.
_ « En effet…mais vous êtes tout à fait autorisée à refuser. » répondit Harm
_ « Je n’en doute pas mais cela ne serait pas convenable surtout que j’ai bien assez de place pour loger deux pauvres soldats. Mais qui va-t-on m’envoyer ? »
_ « Eh bien…c’est très simple.Monsieur Roberts et moi-même serions très honorés si vous nous accordiez votre hospitalité. » Expliqua Harm.
_ « Cela me convient parfaitement. Je vais demander à mes domestiques de préparer vos chambres, messieurs… » Soupira Sarah tout en souriant.
Elle se leva et regarda dans la direction d’Harriet et Bud. Ils étaient en train de se sourire et il semblait que plus rien n’existait autour d’eux.
Sarah croisa le regard d’Harm, qui regardait dans la même direction qu’elle, et il lui adressa un clin d’œil complice.
Elle lui sourit en retour avant de disparaître dans la maison.
Harriet se chargea, avec plaisir, de faire visiter le domaine au lieutenant Roberts, et Sarah s’occupa du capitaine Rabb.
Elle le conduisit à la chambre qu’elle avait fait préparer pour lui.
_ « J’espère que cela ne va pas vous gêner mais votre chambre est juste à côté de la mienne » annonça Sarah
_ « Il n’y a aucun problème madame »
_ « Puisque nous allons cohabiter, vous pouvez m’appeler Sarah. Je déteste être appelée Madame »
_ « Alors, appelez-moi Harm »
_ « D’accord Harm. Voici votre chambre. J’espère qu’elle vous plaira »
Harm entra dans une belle pièce décorée avec goût, très lumineuse, aux meubles d’acajou cirés avec soin. Son regard se porta sur le grand lit à baldaquin.
_ « Je suis très impressionné, Sarah. Je n’en demandais pas tant. »
_ « Cette chambre a été celle de mon époux dans les derniers temps de notre mariage » murmura Sarah
_ « J’ai entendu parler de votre mari lorsque je suis arrivé en ville et que j’ai demandé mon chemin. »
_ « Oh…alors vous savez tout » soupira Sarah
_ « Je ne sais que ce que ces personnes m’ont dit mais je n’ai jamais tenu compte des ragots »
_ « Si ces personnes vous ont raconté que mon mari a décidé de faire chambre à part le jour où il a compris que jamais je ne pourrais avoir d’enfants, eh bien c’est vrai. Si ils ont ajouté qu’il avait une maîtresse et qu’il s’est enfuit avec elle en Californie il y a 5 ans, me laissant seule pour gérer ce domaine, c’est également vrai. Il est mort à peine quelques mois après son arrivée sur la côte Ouest. »
_ « Je suis désolé… »
_ « Pas moi. Cet homme m’a humilié et jamais je n’aurais pu lui pardonner. »
Harm remarqua que Sarah serrait les poings et se refusait à laisser son émotion la submerger.
_ « Lorsque je suis arrivé, j’ai vu deux enfants qui jouaient dans le parc… » Annonça Harm
_ « Ce sont les enfants d’Harriet. Son mari est mort au début de la guerre. Maintenant, elle habite avec moi. Nous veillons l’une sur l’autre. Je tiens beaucoup à elle. C’est une femme très courageuse… »
_ « Vous l’êtes aussi, Sarah »
_ « Merci Harm. Maintenant parlez-moi de vous.Oh, veuillez m’excuser, je suis bien trop curieuse »
_ « Non pas du tout…c’est à mon tour de parler de ma vie. Non je ne suis pas marié. Je ne l’ai jamais été »
_ « Oh c’est dommage. Je suis persuadée que vous feriez un merveilleux mari et un bon père »
_ « Je vous remercie. Mais j’ai 39 ans et je pense que ce sera dur de trouver une femme qui veuille de moi à mon âge »
_ « Oh mais pourquoi dites-vous cela ? Je ne suis pas d’accord ! Toutes les femmes n’aiment pas les hommes trop jeunes et préfèrent épouser des hommes plus mûrs avec une bonne situation, capable de leur donner le foyer qu’elles souhaitent. Mon mari avait 10 ans de plus que moi lorsque je l’ai épousé. Il me donnait tout ce dont j’avais besoin et je… »
_ « Vous a-t-il rendu heureuse ? » lui demanda Harm
Sarah regarda longuement Harm sans pouvoir lui répondre.
_ « Je…je dois redescendre donner des ordres aux domestiques pour le dîner de ce soir »
_ « Sarah, je ne voulais pas vous blesser… » Murmura t-il
_ « Oublions cela, voulez-vous…Je vous laisse vous installer »
Avant qu’Harm n’ait pu la retenir, Sarah disparut dans l’escalier.
Le dîner se déroula dans le plus grand calme.
Harm ne pouvait s’empêcher de regarder Sarah mais lorsque leurs yeux se rencontraient, elle ne soutenait jamais son regard.
Harm s’en voulait d’avoir, sans le vouloir, blessé la jeune femme. Malgré la force de caractère qui se dégageait d’elle, Harm avait immédiatement ressentit que Sarah n’était pas telle qu’elle voulait bien le laisser paraître, et cela le troublait complètement.
Quelques jours plus tard 6 Juin 1863
Tous les jours, Harm et Bud partaient à l’aube rejoindre leur régiment et ne revenaient que pour le dîner.
Le beau capitaine s’en voulait terriblement de ne pas pouvoir parler en tête à tête avec Sarah et ainsi lui présenter ses excuses pour l’avoir blessée.
Il ne supportait plus qu’elle l’ignore ainsi et, à chaque moment qu’il passait loin du domaine, il ne pouvait cesser de penser à elle.
La nuit venait de tomber sur le domaine mais Harm ne pouvait se résoudre à aller se coucher.
Il traversa, sans faire de bruit, la grande demeure silencieuse et sortit sur le perron.
Il s’assit sur une des marches en marbre blanc et sortit un cigare de sa poche qu’il alluma. A peine en eut-il tiré quelques bouffées, qu’un frou-frou de satin attira son attention.
Sarah s’assit à côté de lui et étala autour d’elle sa large robe chatoyante.
Harm voulut éteindre son cigare mais Sarah posa la main sur son bras.
_ « Ne vous privez pas de ce bon cigare pour moi. La fumée ne me dérange pas du tout » murmura t-elle
_ « Sarah…cela fait longtemps que je voulais m’excuser de vous avoir blessée lors de notre dernière conversation, je n’aurais jamais dû… »
_ « J’avais complètement oublié…cessez d’y penser. Venez, nous allons marcher un peu… » Annonça t-elle
Harm se leva le premier et tendit une main à Sarah pour l’aider à se relever.
Son bras glissé sous celui d’Harm, Sarah le guida le long du chemin gravillonné qui entourait la propriété.
_ « Savez-vous, capitaine, que vous êtes en train de converser avec l’ennemi… » Murmura Sarah en souriant
_ « Avec l’ennemi ? Je ne comprends pas ce que vous voulez dire… »
_ « Je suis une Sudiste. Je suis née et j’ai grandi à Savannah en Géorgie »
_ « Je suis navré, mais je n’arrive pas à vous considérer comme une ennemie »
_ « Soit…peut-être avez-vous tort… » Chuchota Sarah, sans cesser de sourire.
_ « L’avenir le dira…Peut-être allez-vous me trouver trop curieux mais je n’arrive pas à comprendre qu’une femme, aussi belle et aussi intelligente que vous, ne se soit pas remariée. »
Sarah ne put s’empêcher de rougir sous les compliments d’Harm.
_ « Oh pour de multiples raisons. Pour commencer, j’ai 34 ans et les hommes préfèrent épouser des femmes plus jeunes avec lesquelles ils puissent espérer avoir des enfants. De plus, je ne me sens pas capable d’accepter un nouvel homme dans ma vie. Mon mari m’a fait trop souffrir et m’a rendu méfiante envers les hommes. Je ne pourrais jamais supporter une telle situation une seconde fois. »
_ « Tous les hommes ne sont pas comme votre défunt mari »
_ « J’en suis consciente mais je me refuse à envisager un autre mariage. L’idée de vivre seule tout le reste de ma vie ne m’effraye nullement »
_ « Je pense, pour ma part, que c’est bien dommage »
_ « Vous êtes mal placé pour parler de mariage, monsieur le célibataire ! » s’exclama Sarah en repoussant Harm qui éclata de rire.
_ « Vous avez entièrement raison. Bon, changeons de sujet si vous voulez bien…J’ai été surpris, lors de mon arrivée, de constater que la proximité des soldats ne vous effraye nullement. Une majorité de femmes seraient terrorisées à l’idée de savoir que deux soldats dorment sous leur toit »
_ « Mon seul et unique amour était dans l’armée. Il était sorti de West Point et était promu à une belle carrière dans l’armée. Je n’avais pas tout à fait 20 ans lorsque je l’ai rencontré. C’était à un bal chez des amis de mes parents à Savannah. J’ai tout de suite été sous le charme et je crois que lui aussi. Nous nous sommes fréquentés pendant un an en cachette. Presque tous les soirs, je passais par la fenêtre de ma chambre pour aller le retrouver. Je ne suis pas très fière de ma conduite mais l’amour nous invite parfois à faire des choses auxquelles nous n’aurions jamais osé penser. Je suis même allée jusqu’à lui offrir ma…enfin, ce qu’une femme a de plus précieux. »
Sarah leva la tête et croisa le regard d’Harm.
_ « J’ai compris à quoi vous faites allusion. Vous n’avez pas souhaité attendre votre nuit de noces, c’est cela ? »
_ « J’étais sûre de l’épouser alors à ce moment-là ou bien plus tard, cela n’avait pas vraiment d’importance. Je lui aurais appartenu de toute manière à un moment ou à un autre. »
_ « Mais il semblerait que cela ne se soit pas passé exactement comme vous l’aviez prévu »
_ « En effet. Mes parents ont commencé à avoir des soupçons lorsqu’ils se sont rendus compte que je ne m’intéressais pas du tout aux prétendants que l’on me présentait. Mon père a fini par me faire suivre par un de ses amis et il a vite su où j’allais. Mais l’homme que j’aimais n’avait pas assez d’argent pour prétendre épouser une jeune fille issue d’une des familles les plus aisées de Savannah. J’ai eu beau pleurer, supplier, rien n’a changé. J’aurais tellement aimé être enceinte à ce moment-là, cela aurait vraiment facilité les choses. Mais ce ne fut pas le cas. »
_ « Vos parents ont-ils su que vous n’étiez plus la jeune fille qu’ils croyaient ? »
_ « Oh non ! Ils n’en ont jamais rien su. Mais mon père était tellement furieux de ma conduite qu’il m’a envoyée chez une de mes tantes à Atlanta. Et c’est chez elle que j’ai fait la connaissance de l’homme que j’allais épouser. Il avait 30 ans, était plutôt bel homme, gentil, attentionné, issu d’une vieille famille anglaise et, grand bonheur pour mes parents, il avait beaucoup d’argent. Mes parents souhaitaient à tout prix que je l’épouse mais je ne voulais rien savoir. Mon père m’a menacé de m’envoyer au couvent si je continuais à faire la forte tête et à déshonorer la famille. J’ai finis par céder. »
_ « Cela a dû être une épreuve très difficile pour vous… »
_ « Vous n’en avez pas idée…Venez, asseyons-nous un instant sur ce banc. »
_ « J’ai toujours trouvé cette façon de marier les jeunes filles, sans leur demander leur avis, comme étant très barbare »
_ « Je suis d’accord avec vous mais, quoi qu’il en soit, je me suis fiancée avec l’homme qui plaisait tant à mes parents. Trois mois plus tard a eu lieu le mariage. Mes parents ont organisé une grande fête dans leur propriété de Savannah et ont convié tous leurs amis. Mon mari était tellement ivre qu’il s’est endormi à peine allongé dans le lit. J’étais terrorisée à l’idée qu’il se rende compte que je n’étais plus une jeune fille mais il ne m’a pas touché. Je n’arrivais pas à dormir alors je suis allée me promener dans le parc. J’ai eu envie de revoir l’endroit où je donnais rendez-vous à mon amant. Je ne sais pas si c’était le fait du hasard mais il était là. Il m’a annoncé que l’armée l’envoyait loin de Savannah et que l’on ne se reverrait peut-être jamais. Je ne pouvais pas me résoudre à le quitter comme cela alors j’ai oublié pour le reste de la nuit que j’étais mariée et je l’ai conduit dans la grange. J’ai passé ma nuit de noces dans ses bras, priant à chaque minute pour que ses caresses me donnent un enfant. A l’aube, alors que nous nous embrassions pour la dernière fois, Harriet nous a surpris. Elle n’avait que 14 ans à l’époque mais je savais qu’il ne pouvait pas avoir d’ambiguïté dans ce qu’elle venait de voir. Si elle parlait, je n’osais même pas imaginer ce qu’il risquait de se passer. Harriet m’a juré qu’elle ne dirait rien. Je ne savais pas si je pouvais lui faire confiance mais je n’avais pas vraiment le choix. Mais elle a tenu sa promesse et, au fil des années, notre amitié s’est solidifiée. Ce secret nous lie à jamais toutes les deux… »
_ « Maintenant, je connais également votre secret… » Chuchota Harm
Sarah releva la tête et vit qu’il souriait. Elle répondit à son sourire.
_ « Je ne sais pas pourquoi mais vous m’inspirez confiance… » Lui répondit-elle
_ « Vous m’en voyez très flatté…mais qu’est-il arrivé à votre ami ? »
_ « Il est mort deux ans après mon mariage…un accident de cheval »
_ « Je suis désolé »
_ « Puisque nous sommes dans les confidences, pourquoi vous êtes-vous engagé dans l’armée ? »
_ « Eh bien, j’étais un enfant plutôt difficile et mon père m’a assuré que l’armée me remettrait dans le droit chemin… »
Sarah éclata de rire suivie par Harm.
Remarquant que Sarah frissonnait, Harm retira sa veste et la posa sur les épaules de la jeune femme.
Il s’empara de sa main, la retourna et en pressa la paume de ses lèvres.
Au contact de sa bouche tiède, quelque chose passa entre eux, quelque chose qui toucha le corps de la jeune femme comme une caresse.
Les lèvres d’Harm remontèrent à son poignet et Sarah devina qu’il sentait battre son pouls tant son cœur s’affolait pendant qu’elle cherchait à retirer sa main.
Rien ne l’avait préparé à ce flot chaud et traître qui lui donnait envie de passer la main dans les cheveux d’Harm, de sentir ses lèvres se coller à sa bouche.
Perdue dans ses pensées, elle se disait qu’elle ne ressentait rien pour Harm, qu’elle ne le connaissait pas, mais comment expliquer cette sensation, ce froid au creux de l’estomac, ses mains tremblantes…
_ « Harm…je vous en prie… »
Il relâcha immédiatement sa main.
_ « Je suis désolé…je ne voulais pas vous mettre dans une situation aussi délicate… »
_ « Chut… »
Sarah posa un doigt sur les lèvres chaudes d’Harm.
_ « Nous devrions rentrer, n’est-ce pas ? » proposa t-il
Sarah acquiesça. Elle glissa son bras sous celui d’Harm et se laissa emmener. |
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scarlette 2e lieutenant

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Posted: 25/10/2008 20:19:58 Post subject: LES AILES DU VENT |
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Chapitre 2
Quelques jours plus tard 18 Juin 1863 2h00 du matin
Sarah ne cessait de se retourner dans son lit, ne parvenant pas à trouver le sommeil.
Elle tendit l’oreille : des bruits lui parvenaient de la chambre voisine.
Ainsi donc, Harm ne dormait pas lui aussi.
Elle se leva, enfila son peignoir et sortit de sa chambre.
Elle hésita un moment, devant la chambre d’Harm. Etait-ce bien convenable qu’une femme se rende ainsi dans la chambre d’un homme ? Sarah haussa les épaules et frappa discrètement à la porte.
Harm lui ouvrit et l’invita à entrer sans poser de questions.
_ « Vous ai-je réveillé ? » demanda t-il
_ « Non pas du tout. Je ne dormais pas. J’ai entendu des bruits dans votre chambre alors je me suis permise de… »
_ « Vous avez bien fait. J’aime beaucoup votre compagnie, Sarah »
_ « J’aime également votre compagnie, Harm… Qu’étiez-vous en train de faire lorsque je vous ai dérangé ? »
Sarah s’approcha du bureau où Harm s’était rassis et regarda par-dessus son épaule.
Le bureau était recouvert de cartes, croquis en tout genre.
_ « J’étudie une proposition d’attaque. De ce fait, je serais parti quelques jours… »
Harm vit Sarah pâlir. Craignant qu’elle ne s’évanouisse, il plaça ses mains autour de sa taille.
_ « Hé ! Je vais juste rendre compte de la situation à Washington et je… »
_ « Vous mentez…Dites-moi la vérité »
_ « Washington est menacée par l’armée confédérée »
_ « Oh seigneur ! Mais que va-t-il se passer ? »
_ « Je n’en sais rien. Nous allons tout faire pour les repousser le plus loin possible. »
_ « Promettez-moi…promettez-moi de revenir sain et sauf…S’il vous arrivait quelque chose… »
_ « Je vous le promets… » Murmura t-il
D’une main tremblante, elle lui caressa les cheveux.
Elle sentit ses yeux s’emplirent de larmes. Elle ferma un instant les paupières mais une larme s’échappa et glissa le long de sa joue.
Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle se trouvait assise sur les genoux d’Harm, la tête dans le creux de son épaule, blottie dans ses bras.
Elle ne fit pas un geste pour s’extraire de ses bras comme toute femme bien élevée devait le faire.
Elle en avait plus qu’assez de toutes ces convenances stupides.
Elle glissa sa main derrière la nuque d’Harm et appuya son visage contre le sien.
Elle ne sut combien de temps ils restèrent ainsi mais ce fût la voix du lieutenant Roberts qui les fit se ressaisir.
_ « Capitaine, il est 5 heures… » Annonça le jeune lieutenant derrière la porte.
Sarah croisa le regard d’Harm. Il plaça un doux baiser sur son front avant de l’inviter à se lever.
Il alla ouvrir la porte au lieutenant Roberts qui vira au rouge brique lorsqu’il aperçut Sarah dans la chambre, en peignoir.
_ « Je me prépare et je descends tout de suite, Bud » annonça Harm
_ « Bien capitaine…je…j’ai fait un peu de bruit et je…j’ai réveillé Harriet…euh madame Sims et elle…elle s’est proposée pour nous préparer un petit déjeuner »
_ « C’est très bien, Bud. J’arrive tout de suite »
Harm referma la porte et se tourna vers Sarah qui n’avait pas bougé.
_ « Nous y voilà… » Soupira t-il
_ « J’aimerai tellement avoir le pouvoir de vous garder ici… » Murmura t-elle
_ « Je sais… » Chuchota t-il
Il s’approcha d’elle et prit ses mains dans les siennes. Il les caressa un moment, ses yeux rivés aux siens.
Puis, brusquement, il lui entoura la taille et l’attira dans ses bras. Il l’embrassa lentement, savourant chaque instant, comme si ce baiser devait être le dernier.
Oubliant toutes les convenances, il laissa sa bouche descendre le long de sa gorge jusqu’à l’endroit où un ruban fermait son corsage.
_ « Douce…ma douce… » Murmura t-il
Bien que tout fût confus en elle, Sarah retrouva sa présence d’esprit, son sang-froid, et elle se rappela ce qu’elle avait un instant oublié.
Elle ne devait pas tomber amoureuse…elle ne pouvait pas…elle ne devait pas s’attacher à lui…elle ne voulait pas le perdre…elle ne devait pas lui laisser espérer que…
Elle se ressaisit et, d’une seule détente, s’arracha aux bras d’Harm.
Pendant un moment, ils restèrent face à face sans pouvoir parler.
_ « Nous…nous ne pouvons pas… » Chuchota Sarah
_ « Je sais… »
Harm baissa les yeux. Sarah prit sa main dans la sienne et posa un baiser dans sa paume.
Lorsqu’il la regarda à nouveau, elle lut dans ses yeux combien il souffrait et elle s’en voulut d’en être la cause.
Refusant de résister plus longtemps à ce désir qui la poussait à agir, elle se hissa sur la pointe des pieds et colla sa bouche à la sienne.
Sarah ne laissa pas à Harm le temps de la retenir et sortit de la pièce rapidement.
Il resta un moment interdit, surprit par le furtif baiser que venait de lui donner Sarah.
Harm venait de comprendre qu’il était amoureux d’elle mais l’attitude amicale de la jeune femme à son égard ne lui avait jamais laissé espérer que…
Mais il devait bien se rendre à l’évidence que Sarah n’était pas aussi insensible qu’elle avait bien voulu le laisser paraître jusqu’à maintenant.
Sarah et Harriet regardèrent les deux hommes se diriger vers l’écurie pour récupérer leurs chevaux.
Harm se retourna et adressa un long sourire à Sarah qui y répondit sans hésitation. Harriet jeta un regard à son amie et la vit rougir.
Tandis qu’ils sellaient leurs chevaux, Bud remarqua qu’Harm n’était pas comme d’habitude. Il hésita un moment avant d’aborder ce sujet délicat avec son supérieur.
_ « Capitaine ? Veuillez excuser ma maladresse mais je vous trouve un peu perturbé. Auriez-vous des ennuis ? » Demanda le jeune lieutenant.
_ « Non pas du tout. Où êtes-vous allé chercher cela, Bud ? Non, tout va bien…c’est juste que je me fais du souci pour madame Mackenzie…je crains pour sa sécurité »
_ « Oh…je comprends. C’est tout à fait normal de s’inquiéter pour la femme que l’on aime. » Répondit Bud
A peine sa phrase avait-elle été prononcée, que Bud se mordit les lèvres. Ses paroles avaient dépassé sa pensée.
Harm le regardait, un sourire aux lèvres.
_ « Dites donc, Bud, si vous continuez sur ce terrain, je vais vous questionner sur votre relation avec la très charmante Harriet… »
Bud vira au rouge brique et se mit à bafouiller.
_ « Mais monsieur…je…enfin il n’y a rien entre Harriet…euh…madame Sims et moi »
_ « A d’autres, Bud ! Vous ne vous êtes pratiquement pas quittés des yeux durant toute la durée de notre séjour… »
_ « Ce…ce n’est pas ce…ce que vous croyez » se défendit Bud, toujours aussi rouge
_ « Je ne vous juge pas, Bud…Oubliez pendant un instant que je suis votre supérieur…Alors, dites-moi tout »
_ « Je crois bien que je suis amoureux, monsieur »
_ « C’est bien ce que je pensais…Harriet est une femme parfaite pour vous, Bud »
_ « Merci monsieur. Je peux dire la même chose pour vous et madame Mackenzie…Vous l’aimez, n’est-ce pas ? »
_ « Cela se voit tant que cela ? » demanda Harm
Bud acquiesça.
_ « D’accord, j’avoue tout…Ses lèvres sont si douces que j’aimerai passer toute la journée à les embrasser » soupira Harm
_ « Vous…vous l’avez embrassé, monsieur ? »
Bud paraissait surprit.
_ « Oui…Ne me dites pas que vous n’avez pas embrassé Harriet au moins une fois… »
Bud vira de nouveau au rouge brique et recommença à bafouiller.
_ « Oubliez ma question, Bud ! La réponse se lit sur votre visage ! » S’exclama Harm qui éclata de rire.
Après le départ des deux hommes, Harriet alla retrouver Sarah dans sa chambre.
Lorsqu’elle entra dans la pièce, elle la trouva debout devant la fenêtre.
Elle la vit essuyer rapidement ses joues en entendant ses pas sur le plancher.
Sarah alla s’asseoir sur le bord du lit et invita Harriet à la rejoindre.
_ « Sarah…dis-moi ce qui ne va pas…Je sens que tu n’es pas bien… » Murmura Harriet en entourant les épaules de Sarah avec ses bras.
_ « Tout va bien…Ne t’inquiète pas…c’est juste que…je me fais du souci pour Harm et Bud…J’ai peur qu’il leur arrive quelque chose »
_ « Sarah, sois sincère…Tu ne me dis pas tout, n’est-ce pas ? »
_ « Je t’assure que je te dis la vérité : je me fais du souci pour Harm et pour… »
_ « Le capitaine est très séduisant. Il a des yeux magnifiques, tu as remarqué ? »
_ « Harriet, s’il te plait, arrête de me parler de lui…c’est déjà assez difficile comme cela… »
_ « Tu ne serais pas en train de tomber amoureuse du beau capitaine aux yeux bleus, par hasard ? » chuchota Harriet
_ « Je n’ai pas besoin de cela en ce moment » soupira Sarah
_ « Ce n’est pas une réponse çà,…c’est une échappatoire. Moi je veux une réponse…la vérité. Dis-moi… »
Sarah releva la tête et regarda Harriet.
_ « Je…je l’aime…Oh mon dieu, c’est affreux… » Annonça t-elle d’une voix tremblante.
Elle éclata en sanglots et Harriet la serra dans ses bras.
_ « Arrête de dire des bêtises ! C’est merveilleux ! »
_ « Mais non ! S’il se faisait tuer, je crois que je ne le supporterais pas ! Je m’étais jurée de ne plus jamais tomber amoureuse…De toute manière, les histoires d’amour se terminent toujours en souffrance »
_ « Tu dis n’importe quoi. Il ne lui arrivera rien du tout. Il va revenir et vous serez très heureux tous les deux…Tu as le droit au bonheur toi aussi. Tu le mérite, crois-moi »
_ « Oh Harriet…jamais on ne m’avait embrassé comme il l’a fait, jamais je n’avais ressentit çà…c’était magique. C’est à ce moment-là que j’ai compris que, malgré tout ce que j’avais fait pour que cela n’arrive pas, j’étais bel et bien amoureuse de lui. »
_ « Alors comme çà, une belle dame aussi bien élevée que toi s’est laissée embrasser par un séduisant capitaine de passage. Cà ne te ressemble pas du tout… » La taquina Harriet
_ « Tu peux bien parler ! Je ne suis pas allée voir ce que tu as fait avec le lieutenant Roberts. Je vous ai trouvé plutôt liés tout les deux, non ? » La taquina Sarah en retour.
Harriet rougit jusqu’aux oreilles et Sarah éclata de rire.
_ « Bud t’a embrassé, c’est çà ? » continua Sarah
_ « Oui mais je n’aurais pas dû…Cela fait à peine deux ans que je suis veuve et je…enfin ce n’est pas correct »
_ « Je sais combien tu aimais ton mari mais…Harriet, tu es jeune, tu ne dois pas laisser passer ta chance d’être heureuse avec Bud. Ton mari n’aimerait pas te voir gâcher ta vie »
_ « Tu as raison mais toi…Tu refuse bien l’idée d’être heureuse avec Harm »
_ « Je ne sais plus quoi faire, ni quoi penser…Peut-être, qu’après tout, il ne ressent rien pour moi et que c’était juste une façon, pour lui, de s’amuser… » Annonça Sarah
_ « Je ne crois pas…Harm n’est pas ce genre d’hommes. Sarah, je suis sûre qu’il est sincère et qu’il t’aime profondément »
_ « Soit, l’avenir le dira. A son retour, nous mettrons les choses au clair et s’il…eh bien s’il m’aime vraiment, nous envisagerons la suite à donner à cette relation. Pour l’instant, je refuse d’y réfléchir plus longtemps »
_ « Tu as raison. C’est la meilleure chose à faire en ce moment »
Sur ces mots, Harriet se leva et embrassa Sarah sur la joue.
_ « Je retourne me coucher. A tout à l’heure. » Annonça t-elle
Sarah acquiesça et regarda Harriet s’éloigner.
Lorsqu’elle entendit la porte de la chambre d’Harriet claquer, Sarah se leva et se rendit dans la chambre qu’avait occupé Harm durant son séjour.
Elle entra dans la pièce et ferma la porte derrière elle. Son regard se porta immédiatement sur le lit défait.
Elle s’approcha et s’assit sur le bord du lit.
Du bout des doigts, elle caressa l’oreiller chiffonné. Elle sentit son chagrin la submerger.
Refusant d’y résister plus longtemps, elle enfouit son visage dans l’oreiller et se mit à pleurer.
Quelques jours plus tard Dans la bibliothèque Le 30 Juin 1863, 0h20
Tout le monde était allé se coucher depuis longtemps et la grande demeure était silencieuse.
Seuls des bruissements de page parvenaient de la bibliothèque.
Sarah, n’arrivant pas à trouver le sommeil, avait décidé de rester dans la bibliothèque pour lire.
Son peignoir resserré autour d’elle, elle était allongée sur le divan, la lampe posée sur le guéridon éclairait suffisamment pour qu’elle puisse lire.
Elle lisait ainsi depuis plus de trois heures mais se refusait à aller se coucher avant d’avoir terminé son chapitre, malgré le sommeil qui l’envahissait.
Elle ne se rendit pas compte qu’elle s’endormait. Sa main laissa glisser le livre qui tomba sur le tapis moelleux sans la réveiller.
Alors qu’elle dormait depuis une ½ heures, quelque chose de doux et chaud caressa ses cheveux avant de descendre vers sa joue.
Sarah n’y prêta pas attention et se contenta de pousser un long soupir.
Mais cette chose si douce et si chaude ne s’arrêta pas en si bon chemin. Elle descendit jusqu’à ses lèvres dont elle alla jusqu’à tracer le contour.
S’en était trop pour Sarah qui, curieuse, décida d’ouvrir les yeux. Elle sursauta avant de se jeter dans les bras de l’homme qui se trouvait agenouillé devant elle.
_ « Harm ! Oh mon dieu ! » S’exclama Sarah d’une voix rendue tremblante par l’émotion.
_ « Hé ! Je vous avais bien dit que je reviendrais ! » Répondit celui-ci en la serrant contre lui.
Sarah s’écarta de lui et l’invita à venir s’asseoir à côté d’elle sur le divan. Leurs regards se croisèrent…
Sans se quitter des yeux, Harm attira Sarah dans ses bras. Sa bouche rencontra la sienne, lui écarta les lèvres, communiqua à son corps d’agréables frissons, éveilla en elle des sensations dont elle se serait crue incapable.
_ « Arrêtez…je vous en prie, je vais m’évanouir » murmura t-elle en essayant faiblement de détourner les lèvres.
Harm écarta légèrement son visage de celui de Sarah.
Ils restèrent quelques instants ainsi, dans les bras l’un de l’autre, sans parler.
Mais bientôt, la bouche d’Harm reprit possession des lèvres de la jeune femme et Sarah répondit à ses baisers avec le même désir, le même besoin de le sentir ainsi contre elle.
S’il ne s’arrêtait pas, elle allait s’évanouir. Si seulement il s’arrêtait…si seulement il voulait ne jamais s’arrêter.
Pendant un moment, Harm resta immobile, la tête de Sarah appuyée au creux de son épaule. Il s’écarta un peu d’elle et posa son regard sur elle.
Elle rouvrit les yeux et s’aperçut que ceux d’Harm étaient fixés sur elle. Elle ne put supporter longtemps son regard et baissa les yeux.
Harm la prit par le menton et lui releva la tête.
_ « Dois-je comprendre que vous acceptez ma présence à vos côtés? » murmura t-il
Sa voix reflétait son émotion et son inquiétude.
_ « Oui…Mais il faut me promettre de faire preuve de beaucoup de patience et laisser le temps nous guider.» chuchota t-elle.
Un grand sourire éclaira le visage d’Harm.
Il attira Sarah contre lui et la serra étroitement dans ses bras. |
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scarlette 2e lieutenant

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Posted: 25/10/2008 20:21:36 Post subject: LES AILES DU VENT |
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Chapitre 3
Le lendemain matin 1er Juillet 1863 6h30
Bud sauta en bas de son cheval et entra dans la maison.
Il se rendit directement à la cuisine où les domestiques s’étaient réunis.
Il envoya chercher Sarah et Harriet. Mais seule Harriet descendit.
_ « Bud !...Euh, je veux dire lieutenant Roberts…que me vaut votre visite si matinale ? » demanda Harriet
_ « Je ne voudrais pas vous inquiéter, madame…mais je souhaiterais voir le capitaine Rabb et je… »
_ « Oh mais il fallait le demander tout de suite…Allons, suivez-moi, je vous conduis à sa chambre. Je l’ai entendu arriver cette nuit…il doit encore dormir à l’heure qu’il est »
Harriet conduisit Bud à la chambre d’Harm.
Elle frappa mais n’obtint aucune réponse. Elle se décida à entrer.
Elle eut la surprise de voir que le lit n’était pas défait et que rien n’indiquait qu’Harm avait passé la nuit dans la chambre.
_ « Peut-être est-il…enfin je veux dire que madame Mackenzie… » Bafouilla Bud avant de rougir jusqu’aux oreilles.
_ « Vous avez raison. Sarah doit savoir où nous pouvons trouver le capitaine… » Répondit Harriet, ignorant ce que Bud avait maladroitement voulu dire.
Elle frappa donc à la porte de la chambre de son amie. Mais elle n’obtint aucune réponse.
Troublée, elle hésita avant d’entrer dans la pièce.
Une partie de sa pensée craignait de trouver Harm dans le lit de Sarah.
Mais ce ne fut pas le cas. La chambre était vide.
Ils redescendirent les escaliers. En passant devant la bibliothèque, Harriet remarqua que la porte n’était pas complètement fermée.
Elle entra dans la pièce suivie par Bud et alla ouvrir les rideaux.
Elle se tourna vers le divan et sursauta.
Harm et Sarah y étaient allongés et dormaient profondément dans les bras l’un de l’autre.
Harm fut le premier à ouvrir les yeux. Il éclata de rire en voyant, devant lui, Bud et Harriet rouges de confusion.
_ « Bonjour lieutenant, Harriet… » Annonça t-il sans cesser de sourire.
Il réveilla tendrement Sarah en l’embrassant sur la joue.
_ « Sarah… » Lui murmura t-il à l’oreille.
Sarah ouvrit lentement les yeux.
Elle se sentit d’abord gênée d’être surprise, ainsi, dans les bras de Harm, mais lorsqu’elle se rendit compte que Bud et Harriet étaient encore plus gênés qu’elle, elle ne put s’empêcher de sourire.
_ « Vous vouliez me voir lieutenant ? » demanda Harm en se levant
_ « En effet capitaine. C’est pour aujourd’hui, monsieur. Les Sudistes ont attaqué à l’aube » annonça le jeune lieutenant.
_ « Ils attaquent Gettysburg ? » demanda Harm
_ « Oui monsieur. Nous arrivons à les contenir pour l’instant mais les combats sont acharnés et tous nos hommes sont mobilisés. Le général Cresswell m’envoie vous chercher. »
_ « Si je comprends bien, je peux dire adieu à ma permission d’une semaine » soupira Harm
_ « Je suis désolé capitaine »
_ « C’est bon Bud. Je vais chercher mes affaires. Je vous rejoins tout de suite »
Sur ces mots, Harm prit Sarah par la main et l’entraîna hors de la pièce.
Elle le suivit jusqu’à la chambre et le regarda ranger ses affaires.
_ « Harm je…j’ai peur » murmura t-elle
Harm se tourna vers elle et vit à quel point elle était pâle. Il s’approcha d’elle et l’attira contre lui.
_ « Sarah…Non, ne pleurez pas… » Chuchota t-il, le visage enfoui dans les cheveux de la jeune femme.
_ « Promettez-moi…promettez-moi de faire attention à vous…S’il vous arrivait quelque chose…je ne le supporterais pas… J’ai besoin de vous » annonça Sarah, en sanglotant, blottit dans les bras d’Harm.
_ « Je ne laisserais rien ni personne détruire notre amitié… »
_ « Oh Harm…pourquoi faut-il que tout soit si compliqué entre nous ? »
Harm se détacha de Sarah et la regarda dans les yeux.
_ « Rien n’est compliqué…Cette maudite guerre nous a permit de nous rencontrer, elle ne nous séparera pas. Faites-moi confiance. Non, Sarah, ne pleurez pas… »
Harm reprit Sarah dans ses bras et la berça.
_ « Embrassez-moi… » Murmura t-elle.
Harm la regarda longuement dans les yeux avant de pencher son visage vers le sien.
Sarah glissa ses mains autour de son cou et ferma les yeux lorsqu’elle sentit les lèvres d’Harm toucher les siennes.
Elle sentit une vague de désir la traverser tout entière et ne put retenir un soupir de plaisir.
Les lèvres d’Harm descendirent le long du cou de Sarah, jusqu’au creux de son épaule et Sarah sentit un plaisir intense l’envahir.
_ « Capitaine…veuillez m’excuser mais nous sommes attendus » annonça Bud, derrière la porte de la chambre.
Harm se redressa brusquement et regarda Sarah.
Il vit la passion qui brûlait dans ses yeux et il eut soudain envie de la porter dans ses bras jusqu’au lit derrière eux.
Mais sa raison le ramena à la réalité.
_ « J’arrive tout de suite, Bud »
Il s’écarta de Sarah.
_ « Je dois y aller… » Murmura t-il
_ « Je sais… » Soupira t-elle, résignée
Elle glissa sa main dans la sienne et l’accompagna jusque sur le perron où l’attendait Bud, déjà en selle, et Harriet.
Sarah oublia le monde autour d’elle et s’accrocha au cou d’Harm. Harm enfouit son visage dans le cou de la jeune femme, s’imprégnant une dernière fois de la douceur et du parfum de sa peau.
Sarah s’agrippait à lui et ne voulait plus le lâcher. Il dû lui-même mettre fin à cette étreinte, à contrecœur, et détacha les bras que la jeune femme avait noué autour de son cou.
Sarah rejoignit Harriet qui passa un bras autour de sa taille. Les deux jeunes femmes retinrent tant bien que mal leurs larmes et regardèrent partir les deux officiers.
A peine leurs chevaux eurent-ils franchi les limites de la propriété que Sarah éclata en sanglots dans les bras d’Harriet.
Le lendemain matin 2 Juillet 1863, 8h00
Les blessés étaient évacués à l’extérieur de la ville et Sarah avait transformé le rez-de-chaussée de sa maison en hôpital de fortune.
Sa propriété étant située au Nord de la ville, elle était éloignée des combats mais, en tendant l’oreille, on pouvait entendre le grondement lointain des canons.
Sarah était allée en ville demander de l’aide et n’avait pas été déçue. De nombreuses femmes s’étaient portées volontaires pour venir chez elle aider à soigner les blessés.
L’amiral, en retraite, AJ Chegwidden et sa femme Meredith avaient été les premiers à venir aider Sarah. Etant des amis de longue date de la jeune femme, ils n’avaient pas hésité un seul instant à proposer leurs services.
L’amiral, ayant servi comme médecin dans la marine, mettait ses connaissances au service des nombreux blessés qui emplissaient la maison de Sarah.
Sarah sortit sur le perron et s’essuya le front d’un revers de la main.
En dépit de l’heure matinale, l’atmosphère était étouffante et annonçait déjà les ardeurs du ciel bleu de midi et le soleil implacable.
Sarah s’assit sur la dernière marche du perron et essaya de mettre de l’ordre dans ses idées. Elle se demanda comment avait bien pu se passer la bataille de la veille et comment pouvait bien se passer celle de ce jour-là.
Comme c’était étrange qu’une grande bataille se déroulât à quelques milles de soi et d’ignorer complètement la tournure que prenaient les événements.
Sarah se sentait tellement seule, tellement abandonnée. Elle aurait tant aimé qu’Harm fût là.
Lui aurait su la rassurer, lui aurait su apaiser ses craintes.
Sarah ferma les yeux et s’imagina reposant dans les bras d’Harm sous la véranda.
La voix d’Harriet la tira de ses rêveries.
_ « Sarah…tu vas bien ? » lui demanda Harriet avant de s’asseoir à côté d’elle.
_ « Harriet je…j’ai si peur » répondit Sarah en prenant son visage dans ses mains.
Harriet passa un bras autour de ses épaules et la serra contre elle.
_ « Ma chérie, calme-toi…je t’en prie. Je suis sûre qu’Harm va bien…Tu vas bientôt le revoir. »
Sarah releva la tête et fixa Harriet dans les yeux.
_ « Ce matin, en me levant, je…j’ai eu un mauvais pressentiment. Je…je sais que c’est mal de penser comme cela mais…Oh Harriet…je ne sais pas ce que je deviendrais s’il… »
_ « Ne dis pas n’importe quoi…Tiens, regarde…on nous apporte de nouveaux blessés…Aller, debout. Nous avons du travail. »
Harriet et Sarah se levèrent.
_ « Tu sais…je pense beaucoup à Bud mais…disons que j’évite les idées noires. C’est difficile mais nous nous devons d’être fortes… » Continua Harriet.
_ « Tu as raison »
Sarah sécha rapidement ses larmes lorsqu’un jeune sergent s’approcha d’elle.
_ « Bonjour madame Mackenzie, madame Sims. Je vous amène de nouveaux soldats. Nous les avons récupéré cette nuit. Nous ignorons leurs identités.»
_ « Ne vous inquiétez pas de cela. Nous nous occupons chaque jour de dresser une liste des blessés qui se trouvent ici. Voici celle que nous avons remise à jour ce matin. J’aimerai que vous la communiquiez au général Cresswell. » Annonça Sarah
_ « Bien sûr madame. Ce sera fait dès mon retour »
Sarah remercia le jeune sergent et entra dans la maison.
Elle retourna dans le grand salon pour prévenir l’amiral Chegwidden de l’arrivée de nouveaux blessés.
_ « Sarah…justement je vous cherchais… » Annonça l’amiral
_ « De nouveaux blessés viennent d’arriver et je… »
_ « J’ai entendu le martèlement des chevaux. Sarah, nous avons un problème »
_ « Un problème ? Ce sont les médicaments ? Les pansements ? Dans ce cas, je peux demander au sergent de… »
L’amiral leva la main pour l’interrompre.
_ « Il ne s’agit pas de cela, Sarah. Nous manquons de place »
_ « Oh mais ce n’est pas un problème. Nous pouvons effectuer un tri »
_ « Un tri ? »
_ « Bien sûr…Il y a de nombreuses chambres inoccupées à l’étage. Nous pouvons y installer les convalescents…ils ne nécessitent pas de soins particuliers. Ils n’ont pas besoin d’une surveillance constante »
_ « Sarah, en voilà une idée de génie ! » s’exclama l’amiral, en serrant la jeune femme dans ses bras.
Sarah s’éclipsa et monta l’escalier. Elle ouvrit les portes des chambres libres et entreprit de préparer les lits, aidée par Harriet et Cassie, la jeune domestique.
Rapidement, les convalescents furent installés à l’étage. Tout aussi rapidement, leurs places au rez-de-chaussée furent occupées par les nouveaux blessés qui venaient d’arriver.
Sarah alla chercher une cruche remplie d’eau fraîche à la cuisine et retourna auprès des blessés. Elle s’agenouilla à côté de chacun d’eux, sa tasse pleine à la main, et leur soutint la tête pour les aider à boire.
Brusquement, elle sentit quelqu’un tirer si fort sur sa robe, qu’elle manqua de renverser sa tasse sur la tête d’un jeune soldat à côté duquel elle venait de s’agenouiller.
_ « Je m’occupe de vous tout de suite. Encore quelques secondes de patience. » Annonça t-elle en se tournant vers le soldat allongé à côté d’elle, tout en détachant sa main qui était toujours agrippée à sa robe.
_ « Sarah…Sarah, ma douce… »
Elle releva la tête et sursauta. Elle aurait reconnu ses yeux bleus entre mille.
_ « Harm… »
La voix de Sarah se brisa et des larmes se mirent à couler sur ses joues.
_ « Hé…non, Sarah, ne pleurez pas »
Harm essuya ses larmes avec son pouce.
_ « Oh Harm…Vous êtes blessé…Je vais demander à l’amiral de venir tout de suite vous soigner » annonça Sarah en se levant.
Harm la rattrapa par la main et la fit se rasseoir à côté de lui.
_ « J’attendrais mon tour comme tout le monde… » Murmura t-il
_ « Pourquoi…pourquoi ne m’avez-vous pas appelé lorsque vous êtes arrivé ? »
_ « J’étais dans les vapes…Avant tout, je crois que j’aurais besoin d’un bon bain » soupira Harm
_ « Et vous osez vous présenter devant moi aussi sale, c’est une honte capitaine Rabb ! » s’exclama Sarah en souriant
Harm essaya de répondre à son sourire mais au lieu de cela, il ne put s’empêcher de grimacer.
_ « Oh mon dieu, vous souffrez ? Dites moi…où avez-vous mal ? »
Sarah se pencha vers Harm et prit son visage dans ses mains.
_ « Ma tête…ma tête me fait souffrir et ma jambe droite… »
Sarah nettoya son visage et sa tête avec de l’eau fraîche puis y chercha une blessure.
Mais elle n’en trouva pas. En revanche, une entaille assez importante se dessinait sur sa cuisse.
_ « Je vais chercher de quoi faire un pansement en attendant l’amiral » annonça Sarah
_ « Non, Sarah, restez avec moi » murmura Harm
Il prit la main de Sarah dans la sienne et la porta à ses lèvres. Il embrassa chacun de ses doigts avant de les entrelacer avec les siens.
Sarah sentit une douce chaleur se diffuser au creux de son estomac et son cœur se mit à battre plus vite.
Son regard glissa des yeux d’Harm vers ses lèvres et elle eut soudain très envie de les embrasser, de sentir cette caresse si tendre qui lui avait tant manqué.
Elle se pencha lentement vers lui et posa un baiser sur ses lèvres. Mais trop vite, ils durent se séparer.
_ « Je vais demander que l’on vous transporte dans ma chambre. Je vous veux près de moi » murmura Sarah en caressant le visage d’Harm.
_ « Non, je ne veux pas être favorisé par rapport à mes hommes…Ce ne serait pas correct et je… »
Sarah posa un doigt sur ses lèvres pour le faire taire.
_ « Chut…Ne dites pas n’importe quoi…Il ne s’agit pas de favoritisme. Des soldats occupent déjà des chambres à l’étage »
_ « Dans ce cas, j’accepte… »
_ « De toute manière, vous n’êtes pas vraiment en état de refuser, capitaine… » Chuchota Sarah en souriant.
Elle s’écarta légèrement lorsque l’amiral s’agenouilla à côté d’Harm.
_ « Bonjour, je suis l’amiral A-J Chegwidden »
_ « Capitaine Harmon Rabb »
_ « D’accord, je vois que vous avez une vilaine entaille à la jambe droite mais cela ne semble pas trop profond. Vous n’aurez pas besoin de points de suture…juste d’un bon pansement bien serré. Mais je crois, qu’avant tout, il faudrait vous déshabiller et vous laver. Cela me permettrait de voir si vous avez d’autres blessures. »
_ « Amiral, je pensais installer le capitaine dans ma chambre…elle est encore libre…et puis ce sera plus pratique si vous souhaitez le changer. » annonça Sarah
L’amiral leva les yeux vers elle et lut dans son regard les sentiments qui habitaient son cœur. Mais il ne fit aucun commentaire et se contenta d’acquiescer.
_ « C’est d’accord…Trouvez quelqu’un pour vous aider à l’installer à l’étage. Ma femme va venir vous aider pour… »
_ « Je suis assez grand pour me laver seul… »Annonça Harm en souriant.
_ « J’en suis sûr mais je ne veux pas vous laisser sans surveillance. Sarah, allez chercher ma femme et demandez-lui de rester avec le capitaine pendant qu’il se changera. »
_ « Monsieur, j’ai été mariée pendant de nombreuses années et je…enfin j’ai déjà vu un homme nu… » Chuchota Sarah qui ne put s’empêcher de rougir.
_ « D’accord. Faites comme vous voulez. Moi, ce qui m’intéresse, c’est que le capitaine soit propre et en état de recevoir mes soins lorsque je viendrais dans la chambre. »
_ « Je m’occupe de tout, amiral » lui répondit Sarah
Elle demanda l’aide de soldats convalescents pour transporter Harm dans sa chambre.
Elle lui prépara tout le nécessaire pour sa toilette et l’aida à se déshabiller.
_ « Il y a injustice… » Annonça Harm, assis sur le bord du lit, tandis que Sarah l’aidait à enfiler une chemise ayant appartenue à son mari.
_ « Et pourquoi donc ? »
_ « Eh bien, vous m’avez vu nu et, de mon côté, je n’ai eu droit qu’à votre joli sourire…ce n’est pas juste… » Répondit Harm en lui offrant son plus beau sourire.
Mais très vite, une grimace remplaça son sourire.
_ « Allons…Allongez-vous…Je vais chercher l’amiral. »
Harm attrapa Sarah par la taille et caressa sa joue.
_ « Harm, arrêtez…il faut vraiment que j’aille chercher l’amiral. Il faut vous soigner… » Murmura Sarah, la voix chargée de désir.
Harm relâcha son étreinte à contrecoeur et laissa Sarah s’en aller. |
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scarlette 2e lieutenant

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Posted: 25/10/2008 20:23:52 Post subject: LES AILES DU VENT |
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Chapitre 4
Le lendemain matin Le 3 Juillet 1863, 7h00
Toute la nuit durant, Sarah resta au chevet d’Harm.
En effet, en début de soirée, la fièvre était montée et Sarah avait employé tous ses moyens pour la faire baisser, mais en vain.
Malgré l’insistance de ses amis, Sarah refusa de quitter Harm plus d’une minute et veilla sur lui jusqu’au petit matin, rafraîchissant constamment son visage trempé de sueur. Harm arrivait à peine à garder les yeux ouverts plus de quelques minutes mais lorsqu’il y parvenait c’était pour remercier Sarah et lui répéter combien elle était courageuse.
Le sommeil finit par avoir raison d’elle et Sarah s’endormit à l’aube, dans le fauteuil qu’elle avait installé à côté du lit d’Harm, sa main enlacée avec la sienne.
Elle ne se réveilla que lorsqu’elle sentit quelque chose de doux et chaud caresser sa paume. Elle ouvrit lentement les yeux et vit Harm qui la fixait intensément, tourné sur le côté, sans cesser d’embrasser sa main qu’il tenait fermement dans la sienne.
_ « Bonjour Sarah… » Murmura t-il
_ « Oh Harm, comment vous sentez-vous ? » lui demanda t-elle en se levant
_ « Je vais très bien »
Sarah posa sa main sur le front d’Harm et constata que la fièvre était tombée.
_ « Oh merci mon dieu… Vous n’avez plus de fièvre…J’ai eu tellement peur, vous savez »
_ « Je suis désolé de vous avoir causé des soucis… » Annonça Harm
Sarah s’assit sur le bord du lit et posa un doigt sur ses lèvres.
_ « N’y pensez plus… » Murmura t-elle
_ « Merci d’avoir été là pour moi… » Lui répondit-il
Le soir même 22h00
Sarah entra dans sa chambre, son peignoir resserré autour d’elle.
Harm la regarda poser la lampe sur la table de nuit et se diriger vers la fenêtre.
_ « Que se passe t-il Sarah? Je vous trouve perturbée depuis le dîner » murmura t-il
Sarah se tourna vers lui et se contenta de secouer la tête.
_ « Parlez-moi… » Continua t-il
_ « Vous vous souvenez de notre première conversation dans le parc, peu après notre rencontre ? »
_ « Oui, je m’en souviens parfaitement. »
_ « Je vous ai dis que vous étiez en train de converser avec l’ennemi et vous m’avez répondu que vous n’arriviez pas à me considérer comme une ennemie. »
_ « Je ne comprends pas ce que vous essayez de me dire, Sarah »
La jeune femme alla s’asseoir sur le bord du lit et regarda Harm dans les yeux.
_ « J’entretiens des relations avec le Sud. »
_ « Mais votre famille habite dans le Sud, c’est tout à fait normal que… »
_ « Vous ne m’avez pas comprise, je fais passer des informations d’ordre militaire dans le Sud… »
_ « C’est une plaisanterie, n’est-ce pas ? » _ « Je vous ai menti lorsque je vous ai dit que mon premier amour de jeune fille était mort suite à un accident de cheval…Enfin, je ne vous ai pas vraiment menti, je vous ai seulement répété ce que l’on m’a fait croire pendant des années. Mais au début de la guerre, je l’ai revu. Un soir, il est venu frapper à ma porte. Je ne voulais pas croire que c’était bien lui , pas après toutes ces années…Il m’a demandé l’hospitalité et m’a expliqué que, suite à notre aventure sa famille était partie pour l’Angleterre. Lorsqu’il est revenu aux Etats-Unis, après la mort de ses parents, il a appris que je m’étais mariée et il a pensé que tout était fini et que je ne voulais plus le revoir… »
_ « Mais pourquoi est-il revenu subitement ? »
_ « Il était lieutenant-colonel dans l’armée sudiste. Mais, au début de la guerre, il a déserté et a été fait prisonnier avant d’être emmené dans une prison nordiste. Il s’en est échappé et s’est rappelé que j’habitais près de Gettysburg. Il est donc venu se réfugier chez moi. »
_ « Vous avez recueilli un soldat sudiste coupable de désertion et d’évasion ? »
_ « Harm, je ne pouvais pas l’abandonner. Je me devais de l’aider. Il est resté quelques mois caché dans ma propriété, ensuite il est parti en m’annonçant qu’il allait rejoindre le port le plus proche et prendre un bateau pour l’Angleterre. »
_ « Que s’est-il passé ensuite ? »
_ « Malheureusement, il a été de nouveau arrêté et conduit en prison où il aurait dû être fusillé pour son évasion. Mais j’ai supplié l’amiral Chegwidden d’intervenir et de se servir de ses connaissances auprès du gouvernement. »
_ « L’amiral a fait jouer ses connaissances pour sauver votre ami ? »
_ « Oui et je lui en suis éternellement reconnaissante. Mon ami n’a pas été fusillé et l’armée a vu en lui un intermédiaire intéressant. Il s’est vu donc offrir un marché : soit il acceptait de travailler pour le gouvernement nordiste, soit il passait les prochaines années en prison. Je l’ai convaincu d’accepter le marché. Cà n’a pas été facile les premiers temps et il m’est arrivé de l’accompagner dans ses missions. On se méfie beaucoup moins d’un couple… »
_ « Comment s’appelle votre ami ? »
_ « Lieutenant-colonel Farrow…John Farrow. »
_ « Vous l’aimez encore ? »
Sarah tenta de se lever mais Harm la retint par la main. _ « Répondez-moi… »
Sarah soupira et reprit place au bord du lit. _ « Durant la période où John est resté caché chez moi, nous avons tenté de reprendre notre relation là où nous l’avions laissé des années auparavant. Mais nous nous sommes rapidement rendu compte que quelque chose s’était brisé à jamais et, qu’entre nous, tout était terminé. Nous avons donc pris la décision de rester amis. »
_ « Je ne peux pas croire que le lieutenant-colonel Farrow soit parvenu à accepter aussi facilement de n’être que votre ami. »
_ « John l’a accepté, point final. D’ailleurs, je pars demain matin en mission avec lui… »
_ « En mission ? Sarah, non, ce n’est pas possible…vous n’êtes pas sérieuse… »
_ « Je ne plaisante jamais avec des sujets aussi importants. Harm, je pars demain matin avec John. Cette mission est prévue depuis plusieurs semaines et je ne vais pas reculer maintenant. Si vous n’aviez pas été blessé et emmené ici, vous n’en auriez jamais rien su. C’est aussi simple que çà. »
_ « Je comprends mieux nos adieux si familiers… » Murmura Harm en tournant le dos à Sarah
_ « Harm, il faut pas m’en vouloir. Comprenez-moi…Je ne vous connaissais pas, je ne pouvais raisonnablement pas vous parlez de cette mission avant ce soir. Harm, regardez-moi… »
Sarah posa sa main sur l’épaule d’Harm et l’invita à se tourner vers elle. _ « Harm, je suis vraiment désolée que tout soit si compliqué entre nous, mais je… »
_ « C’est vous qui compliquez tout ! » s’écria brusquement Harm.
Sarah resta un moment, hébétée, cherchant ses mots. _ « Vous m’avez laissé croire que je ne vous laissais pas indifférente et que, peut-être, nous aurions pu envisager de… » Harm ne put se résoudre à continuer.
_ « Harm, je suis désolée, mais je ne peux m’attacher à personne pour l’instant… »
_ « Je découvre une nouvelle facette de votre personnalité que je n’aurais jamais soupçonné »
_ « Je joue ce rôle depuis trop longtemps…Mais, je tiens à ce que vous sachiez que tous mes gestes et mes paroles ont été sincères. »
_ « Et vos baisers ? »
_ « Je ne suis pas bonne actrice dans ce domaine… »Soupira Sarah en baissant les yeux
_ « Dois-je comprendre que ces instants n’étaient pas prémédités ? » Sarah secoua la tête
Harm s’assit dans le lit et prit la main de la jeune femme dans la sienne. _ « Sarah, je ne veux pas vous perdre… » Murmura t-il
_ « Je vous promet que vous ne me perdrez jamais… »
_ « Accordez-moi une faveur… »
_ « Laquelle ? »
_ « Passez la nuit avec moi. »
Surprise, Sarah tenta de se lever mais Harm la retint par la taille. _ « Pardonnez-moi, je me suis fait mal comprendre. Je voulais seulement vous demander de rester cette nuit avec moi. J’aimerais m’endormir en vous tenant dans mes bras…Rien qu’une fois. »
_ « D’accord, capitaine. Mais promettez-moi de ne pas essayer de me retenir lorsque je partirais demain matin. »
_ « Je vous le promet. » Harm scella sa promesse d’un doux baiser.
Une de ses mains glissa sur le devant du peignoir de Sarah et le dénoua avant de le faire descendre le long de ses épaules. Sarah sentit les mains d’Harm trembler et elle aima le frisson qui les parcourut. Elle se rendit compte que ce petit picotement familier au creux de son estomac venait de se réveiller.
Harm attira Sarah dans ses bras. La jeune femme posa sa joue contre l’épaule du beau capitaine et glissa ses doigts dans ses cheveux courts. Elle ferma les yeux et se laissa bercer par les battements réguliers de son cœur. Après de longues minutes, Harm se détacha d’elle et l’invita à s’allonger à côté de lui.
Quelques jours plus tard Sous la véranda 8 Juillet 1863, 22h00 Durant les jours suivants la bataille de Gettysburg, une majorité des blessés qui emplissaient la maison de Sarah furent déplacés vers l’hôpital militaire le plus proche. Seule une dizaine de soldats en convalescence, dont Harm faisait parti, logeaient encore chez elle.
Harm fit quelques pas sur le perron avant de s’installer dans un des fauteuils, sous la véranda. Il sortit, de sa poche, un cigare qu’il alluma. Il en tira quelques bouffées avant de fermer les yeux et de savourer cette douce soirée d’été.
_ « Oh, vous êtes là, capitaine. Je vous ai cherché partout. » Annonça Harriet en s’asseyant dans un fauteuil voisin de celui d’Harm.
_ « Vous pensiez que je m’étais enfuit ? »
_ « Oh non, je ne crois pas que votre blessure vous permette d’aller bien loin. »
_ « Détrompez-vous. Je serais capable de marcher des miles, si le besoin s’en faisait sentir… »
Harriet croisa le regard d’Harm et comprit la signification de ses dernières paroles. _ « Je suis persuadée que Sarah va bien…Ce n’est pas sa première mission, vous savez… »
_ « Je suis au courant mais nous sommes dans une période si difficile… » Soupira Harm
_ « Ne vous inquiétez pas…Elle n’est pas seule et le colonel Farrow ne fera rien qui risquerait de la mettre en danger…Il tient trop à elle pour çà. »
Harriet devina que le beau capitaine était jaloux. _ « Il n’y a rien entre le colonel Farrow et Sarah, ils sont seulement amis… » Dit-elle
_ « Aucun homme n’aurait envie d’être seulement ami avec une femme comme Sarah. »
_ « Vous êtes amoureux d’elle, n’est-ce pas ? »
_ « Je l’ai aimé dès que je l’ai vu… » Soupira Harm
_ « Alors, faites-lui confiance, capitaine… »
Chambre 14 Hôtel ‘Rose Garden’, Richmond, Virginie Au même moment
_ « Je trouve que tu fais trop facilement confiance à cette femme, John. » Sarah sortit de derrière le paravent, et noua son peignoir autour d’elle.
_ « Tu dis çà uniquement parce que tu es jalouse, ma chère fausse épouse. »
Sarah croisa les bras sur sa poitrine et dévisagea John qui, assit dans le grand lit, lui renvoyait un de ses plus beaux sourires. _ « John, je ne plaisante pas. Il s’agit de notre sécurité. »
_ « Ce n’est pas la première fois que l’on travaille ensemble, toi et moi. Cà s’est toujours bien passé, non ? »
_ « Il suffit d’une fois… »
_ « Allons, Sarah, fais-moi confiance. »
_ « De toute manière, je n’ai pas vraiment le choix…Maintenant que je suis là… »
Sarah s’installa dans le lit à côté de John. Machinalement, elle regarda sa main gauche et fixa l’alliance que John avait glissé à son doigt quelques jours auparavant.
_ « Cette alliance pourrait devenir officielle si tu le voulais. » Murmura John
_ « Tu sais très bien que ce serait une erreur… »
_ « Je ne suis pas d’accord avec toi. »
_ « John, nous en avons longuement discuté à ton retour. Je croyais que le sujet était définitivement clos. »
_ « Oui, je sais…Mais, lorsque nous sommes ensemble, rien que toi et moi, je n’arrive pas à oublier… »
Sarah posa un doigt sur les lèvres de John. _ « Chut, le passé reste le passé. N’oublie pas que nous sommes en mission et, de ce fait, tu es mon mari, je suis ta femme. Point final. »
_ « Dis donc, je pourrais abuser de mon rôle de mari et te parler de devoir conjugal, chère épouse… » Murmura John en roulant des yeux de manière significative.
Sarah éclata de rire. _ « Je ne te conseille même pas d’essayer, sauf bien sûr, si tu as envie de passer la nuit en caleçon dans le couloir… »
_ « Tu n’es pas très gentille avec ton époux. Il faut tout de suite corriger ces mauvaises habitudes, femme ! »
John attrapa Sarah dans ses bras et se mit à la chatouiller. La jeune femme se tortillait dans tous les sens pour échapper à son étreinte mais sans succès. Elle décida donc de se venger et se mit à chatouiller John à son tour.
Amusé, John la renversa sur le dos et essaya de lui bloquer les mains. Mais Sarah était plus rapide que lui.
Sans renoncer pour autant, John changea de tactique, attrapa le visage de la jeune femme entre ses mains et posa un baiser sur ses lèvres.
Déstabilisée par ce changement de situation, Sarah laissa retomber ses mains. John l’embrassa de nouveau, plus longuement cette fois. Sentant qu’elle s’abandonnait à son baiser, il laissa descendre sa main jusqu’à sa poitrine qu’il caressa lentement. Brusquement, Sarah le repoussa. Croyant qu’il s’agissait d’un jeu, John la serra plus étroitement dans ses bras.
_ « John ! Arrête ! » S’écria t-elle Surpris, il la relâcha immédiatement. _ « Mais Sarah, je croyais que… »
_ « John, tu sais très bien que ce serait une erreur. »
_ « Comme tu veux. »
John se détacha brusquement de Sarah et reprit sa place à côté d’elle.
_ « Ne m’en veux pas, s’il te plait… Je ne veux pas perdre mon meilleur ami… »
_ « Qu’est-ce que tu me cache, Sarah ? » demanda John en se tournant vers elle.
_ « J’ai rencontré quelqu’un… »
_ « Dis-moi en plus… »
_ « Il s’appelle Harmon Rabb…Capitaine Harmon Rabb. »
_ « Nordiste ? »
_ « Oui. »
_ « Comment l’as-tu rencontré ? »
Sarah relata à John toute l’histoire, depuis le premier jour jusqu’à la veille de son départ en mission.
_ « Tu es amoureuse de lui, n’est-ce pas ? »
_ « Oui. »
_ « Tu as couché avec lui ? »
_ « Non, et puis même si c’était le cas, çà ne te regarderait pas ! »
_ « Ne t’énerve pas ! Je te parle en ami. Il t’a demandé de l’épouser ? »
_ « Non. De toute manière, je ne sais même pas ce qu’il ressent pour moi… »
_ « Tout laisse à penser qu’il t’aime. »
_ « Peut-être que tu as raison. Mais pour l’instant, nous apprenons à nous connaître. »
_ « Tu accepterais de l’épouser ? »
_ « Non. »
_ « Mais pourquoi ? »
_ « Lorsque mon mari m’a quitté, j’ai décidé que plus jamais je ne ferais assez confiance à un homme pour l’épouser… »
_ « Sarah, ce n’est pas parce que ton mari était un pourri que tous les hommes sont comme lui. » Soupira John
_ « Tiens, c’est bizarre mais Harm m’a dit la même chose. »
_ « Cà prouve que c’est un homme de bon sens. »
_ « Peut-être… »
Sarah posa la tête dans le creux de l’épaule de John qui passa un bras autour d’elle.
Chambre d’Harm Maison de Sarah Mackenzie Quelques jours plus tard, 18 Juillet 1863, 10h00
Harm ferma le dernier bouton de son uniforme et se regarda dans le miroir. Après sa longue convalescence, il devait se rendre à l’évidence qu’il avait bien du mal à se décider à quitter la maison de Sarah. En effet, chaque recoin, chaque meuble lui rappelait la jeune femme qui avait conquis son cœur.
Harm se ressaisit en entendant frapper à la porte.
_ « Entrez. »
L’amiral Chegwidden entra dans la pièce. _ « Bonjour capitaine… »
_ « Bonjour amiral. Que me vaut le plaisir de votre visite ? »
_ « Je crains que ma visite ne puisse, en aucun cas, être comparé à un quelconque plaisir. »
Le ton grave de l’amiral mit immédiatement les sens d’Harm en alerte. _ « Il s’agit de Sarah, n’est-ce pas, monsieur ? »
_ « En effet, capitaine. L’agent s’occupant des missions de John et Sarah vient de m’informer qu’ils ont été arrêtés la nuit dernière. »
_ « Oh mon dieu, je n’aurais jamais dû la laisser partir… »
_ « Il est trop tard pour y penser ! Maintenant il convient de réfléchir à la façon de les récupérer ! »
_ « Je suis à vos ordres, amiral. »
_ « Je ne suis pas habilité à vous diriger sur cette affaire, capitaine. Mais laissez-moi vous conduire chez quelqu’un qui pourra nous aider. »
Domicile de Clayton Webb Gettysburg
_ « Bonjour monsieur Webb… »
L’amiral précéda Harm dans le grand bureau.
_ « Bonjour amiral. Je croyais vous avoir précisé de venir seul. »
_ « Monsieur Webb, laissez-moi vous présenter le capitaine Harmon Rabb. »
Clayton Webb serra rapidement la main d’Harm avant de reporter son attention sur l’amiral.
_ « Est-il au courant de notre affaire, amiral ? »
_ « Oui, le capitaine en sait autant que moi…c'est-à-dire moins que vous, Clayton. »
_ « En quoi peut-il nous être utile, amiral ? »
_ « Le capitaine est un ami proche de Madame Mackenzie. »
_ « Sarah ne m’a parlé d’aucun ami. »
_ « Monsieur Webb, permettez-moi de vous éclairer… » Annonça Harm
_ « Faites donc, capitaine. »
Harm relata toute l’histoire, depuis sa rencontre avec Sarah, jusqu’à son départ en mission.
_ « Etes-vous une personne de confiance, capitaine ? » demanda Clayton
_ « J’aime à le croire, monsieur Webb. »
_ « Alors c’est parfait. Vous allez pouvoir nous aider à ramener Sarah et John. »
_ « Quelles informations détenez-vous qui pourraient nous être utiles ? » demanda Harm
_ « Je sais tout. C’est moi qui organise ces missions, avec l’aide d’autres agents implantés un peu partout. » Répondit Clayton, avec un ton hautain.
_ « C’est vous qui avez envoyé Sarah dans ce guet-apens ? » s’exclama Harm
_ « Capitaine, Sarah a choisi d’y aller. Je ne l’ai pas forcé. Elle connaissait les risques. » Soupira Clayton.
_ « Vous voulez dire que ce n’est pas votre faute si, aujourd’hui, elle est en danger ? »
_ « Capitaine, calmez-vous ! » s’écria l’amiral Mais Harm l’ignora.
_ « Je ne suis pas responsable de ce qui se passe sur le terrain, capitaine. » Répondit Clayton, sans perdre son ton hautain.
Brusquement, Harm l’attrapa par le col de sa chemise et l’écrasa contre le mur.
_ « Si jamais il lui arrive quelque chose, je vous promet que vous aurez affaire à moi ! »
_ « Capitaine, lâchez-le, c’est un ordre !! » s’exclama l’amiral
Harm lâcha immédiatement Clayton qui manqua de tomber. Sans un mot, le capitaine quitta la pièce et claqua la porte derrière lui.
_ « Je crains que ses sentiments n’aveuglent son jugement » annonça Clayton, en ajustant son veston.
_ « Malgré tout, c’est un officier intègre et il nous sera d’un grand secours… » Répondit l’amiral.
_ « Je suis d’accord avec vous A-J »
_ « Venons-en au fait, Clayton. Que s’est-il passé ? »
_ « Il semblerait que Sarah et John aient été dénoncés… »
Harm était assis sur une marche du perron, la tête dans ses mains, lorsque l’amiral vint le rejoindre. _ « Tout va bien, capitaine ? »
_ « Oui, merci amiral… J’ai perdu mon sang-froid, tout à l’heure, et je vous présente toutes mes excuses… »
_ « Elles sont acceptées. Venez capitaine, nous avons un train à prendre pour Richmond. »
_ « Pour Richmond ? Mais qu’allons-nous faire là-bas ? »
_ « Chercher votre future épouse ! » |
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scarlette 2e lieutenant

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sexe:  Signe du Zodiaque:  Signe Chinois:  Localisation: METZ LORRAINE
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Posted: 25/10/2008 20:25:15 Post subject: LES AILES DU VENT |
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Chapitre 5
Environs de Richmond 21 Juillet 1863, 6h00
Harm regarda en arrière et ne put s’empêcher de sourire. Il était évident que Clayton Webb n’était pas très à l’aise en selle et donc un piètre cavalier.
_ « Tout va bien, monsieur Webb ? » demanda Harm
_ « Ne vous occupez pas de moi, capitaine, tout va bien » répondit celui-ci
_ « Vous préférez sans aucun doute le confort d’une calèche… » Renchérit Harm
_ « Capitaine, cessez de taquiner monsieur Webb » le réprimanda gentiment l’amiral
_ « A vos ordres, amiral »
Les deux officiers échangèrent un regard et se retinrent d’éclater de rire.
Après une courte nuit à la belle étoile et l’obligation de monter à cheval, Clayton Webb n’était pas à prendre avec des pincettes. Cela amusait beaucoup Harm car il avait réussi à lui faire perdre son ton hautain.
Partis la veille en début d’après-midi, les trois hommes avaient pris le train en gare de Gettysburg. Mais réalisant que c’était prendre beaucoup de risques de poursuivre jusqu’à Richmond par le chemin de fer, ils avaient choisi de descendre bien avant et de continuer le voyage à cheval.
Lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée de Richmond, ils passèrent devant la prison de la ville et Harm frissonna en pensant à Sarah, seule dans cet endroit sordide.
Clayton Webb croisa le regard d’Harm.
_ « Rassurez-vous, capitaine. Les femmes sont beaucoup mieux traitées que les hommes, surtout quand elles sont jolies… » Chuchota t-il.
Harm se retint de gifler Clayton et serra les dents. Il devait encaisser, du moins pour l’instant.
Clayton conduisit Harm et l’amiral chez un de ses agents qui tenait un magasin d’alimentation, tout ce qu’il y avait de plus insignifiant et passe-partout.
Lorsque Phil McKee vit les trois hommes entrer dans son magasin, il fit signe à sa femme de surveiller les alentours et les conduisit dans l’arrière-boutique.
Ils prirent place à table et Phil leur servit un repas bien mérité.
_ « J’ai appris hier soir que Sarah et John allaient être transférés avec d’autres prisonniers demain matin. » Annonça Phil.
_ « Vous êtes bien sûr de cela, Phil ? » demanda Clayton
_ « C’est fou le nombre d’informations que l’on peut avoir avec une bonne bouteille de Bourbon… » Répondit celui-ci
_ « Vous connaissez leur itinéraire ? » demanda Harm
_ « Oui mais je crains que ce ne soit difficile. Le convoi va être surveillé. »
_ « Nous sommes venus jusqu’ici, nous n’allons pas renoncer maintenant ! » s’exclama Harm
_ « Est-ce que Sarah et John ont parlé ? » demanda Clayton
_ « Il semblerait que non. De toute manière, l’armée ne peut rien prouver, ils n’ont que des suppositions. Et çà ne suffit pas. Sarah et John ont joué le couple uni. Tout reposerait sur le témoignage de l’une des femmes de chambre de l’hôtel où ils logeaient. Elle aurait trouvé le couple louche. »
_ « Avec cette guerre, n’importe quel geste parait louche. » Soupira l’amiral
_ « En effet… » Répondit Phil
_ « Mais pourquoi ne libère t-on pas Sarah et John ? » demanda Harm
_ « Il semblerait que l’armée soit plus pointilleuse ces derniers temps » répondit Phil
_ « Sarah et John ont bien de fausses identités, n’est-ce pas ? » continua Harm
_ « C’est la moindre des choses, capitaine » annonça Clayton, qui avait retrouvé son ton hautain.
_ « J’ai cru comprendre qu’un des soldats de la prison aurait eu des doutes sur l’identité de John. Il aurait dit avoir servi avec lui. John a tout nié bien sûr. Mais l’armée tient à vérifier. »
_ « C’est pas vrai ! Si l’armée confond John avec d’autres soldats de son ancien bataillon, tout est fini ! » S’exclama Clayton.
_ « Nous devons donc agir demain pendant le transfert. Phil, connaissez-vous des hommes de confiance qui pourraient nous aider ? On ne sera pas de trop… »
_ « Bien sûr amiral » répondit Phil
_ « Vous avez un plan, capitaine ? » demanda cyniquement Clayton
_ « Justement, je suis en train d’y réfléchir, monsieur Webb »
Lendemain matin, 22 Juillet 5h30
Les hommes, chacun à leur poste, se tenaient prêts à intercepter le convoi. L’équipe se composait de sept hommes, tous armés et déterminés à réussir.
On décida que l’interception aurait lieu près de l’ancienne mine de fer désaffectée qui se trouvait à quelques miles de la ville, ainsi les coups de feu n’alerteraient personne.
Les hommes furent surpris de voir que le convoi n’était pas aussi bien gardé qu’ils le pensaient alors. Deux cavaliers ouvraient la marche, un soldat dirigeait le buggy bâché, un soldat montait la garde à l’intérieur, et deux cavaliers fermaient le convoi. Ce serait donc un combat loyal, à un contre un. Certes, nos amis étaient sept mais ils ne pouvaient raisonnablement pas compter sur Clayton Webb qui savait à peine tenir un revolver et encore moins s’en servir correctement.
Harm débuta les hostilités en abattant un des cavaliers. Les coups de feu fusèrent dans tous les sens.
Le soldat qui gardait les prisonniers à l’intérieur du buggy, sortit et commença à tirer. Oubliant sa peur, Clayton l’assomma d’un coup de crosse derrière la tête. Il aida les prisonniers à descendre.
Trois hommes en profitèrent pour s’échapper, trop heureux d’être libres pour demander leur reste.
Pendant ce court laps de temps, le convoi était neutralisé. Les soldats avaient été tués et les amis de Phil présentaient quelques blessures superficielles.
Harm courut rejoindre Sarah et il la serra dans ses bras.
_ « Oh Harm, j’ai eu tellement peur, vous savez » sanglota t-elle
_ « Je sais, c’est fini maintenant… » Répondit-il en la berçant contre lui.
John, qui se trouvait à côté de Sarah, serra rapidement la main d’Harm.
Le soldat, que Clayton avait assommé, se réveilla. Comprenant ce qui était en train de se passer, il prit son revolver et tira sur l’homme le plus proche de lui : John. Harm riposta immédiatement.
_ « John, non !! » s’écria Sarah
Elle aida John à s’adosser contre le buggy et déboutonna sa chemise. La balle l’avait touché en pleine poitrine. L’amiral apporta quelques compresses qu’il appuya contre la blessure. Mais il sut rapidement qu’on ne pouvait rien pour John.
_ « John, çà va aller. Tu vas t’en sortir. L’amiral est médecin, tu sais… » Le rassura Sarah
_ « Sarah, promet-moi de penser à ton avenir. Je veux que tu sois heureuse… »
_ « Je te le promet. John, je t’en prie, ne te laisse pas aller »
Sarah sentait que son ami faiblissait.
_ « Sarah, je t’aime…je t’ai toujours aimé » murmura John
_ « Je t’aime aussi… »
_ « Je ne suis pas l’homme qu’il te faut, Sarah, tu avais raison »
_ « Ne dis pas de bêtises…tu vas t’en sortir »
_ « Sarah, mon amour, embrasse-moi une dernière fois… »
_ « John, ne… »
_ « S’il te plait… »
Sarah prit le visage de John dans ses mains et posa ses lèvres sur les siennes. Lorsqu’elle se retira, John lui adressa un dernier sourire avant de fermer les yeux.
_ « John, non !! »
La jeune femme devint presque hystérique. Harm tenta de la relever mais elle se débattait de toutes ses forces.
_ « Emmenez-la, capitaine. On s’occupe du reste » ordonna l’amiral.
Harm hissa tant bien que mal Sarah sur son cheval et la maintint étroitement serrée contre lui. Après quelques instants, elle cessa de se débattre et Harm se rendit compte qu’elle s’était évanouie. Toutes ces émotions avaient eu raison de ses dernières forces.
Harm suivit Phil le long d’un petit sentier et découvrit, derrière un bosquet d’arbres, une coquette petite ferme.
Au lieu de se diriger vers le corps principal du bâtiment, Phil continua son chemin jusqu’à une petite maison séparée de la ferme par un jardin potager.
Il aida Harm à descendre Sarah.
_ « Mes parents vivent dans le bâtiment que nous venons de dépasser » chuchota Phil
_ « Où nous conduisez-vous ? » demanda Sarah, soudain inquiète.
Phil ne répondit pas et alla frapper doucement à la porte de la petite maison. Le battant s’ouvrit sur une jeune femme en chemise de nuit, un châle sur les épaules. Elle les contempla un instant, les yeux lourds de sommeil, avant de s’écarter pour les laisser entrer.
_ « Je vous présente ma sœur Cathy… » Annonça Phil
Rapidement, on fit les présentations. Phil se tourna vers Sarah.
_ « Vous allez rester chez ma sœur jusqu’à ce que l’on ai fini d’organiser votre départ. Vous êtes en sécurité ici. »
_ « Je ne voudrais pas vous déranger » murmura Sarah
Elle désigna du regard le ventre arrondi de Cathy.
_ « Oh bien au contraire. Vous me serez d’un grand secours lorsque les enfants vont se réveiller » répliqua Cathy.
_ « Les enfants ? » demanda Harm
_ « Oui, j’ai une petite fille de 5 ans, un petit garçon de 3 ans et je… »
_ « Et ton mari devrait prendre plus soin de toi… » Rétorqua Phil
_ « Phil, s’il te plait, tu sais très bien que ce bébé sera le dernier… » Soupira Cathy
_ « C’est ce que tu as dit lorsque James est né… »
_ « Je le pensais vraiment, ce bébé est un accident…et puis, beaucoup de femmes que je connais ont quatre enfants ou plus…Trois, ce n’est vraiment pas un nombre déraisonnable »
_ « Oh, et puis, fais ce que tu veux. Ce ne sera pas la première fois. Mais, sache que j’aurais tout de même une conversation avec Edward lorsqu’il reviendra. »
_ « Comme tu voudras, Phil… » Soupira Cathy
_ « Je peux compter sur toi pour veiller sur Sarah ? »
_ « Bien sûr, Phil. Tu peux me faire confiance… »
_ « Je sais, petite sœur…Nous reviendrons ce soir, lorsqu’il fera nuit… »
_ « D’accord…nous vous attendrons, n’est-ce pas Sarah ? »
Cathy passa un bras autour de la taille de la jeune femme qui acquiesça. Harm et Phil sortirent sans bruit de la maison.
_ « Harm… » La voix de Sarah n’était qu’un murmure mais Harm l’entendit. Il se retourna et accueillit la jeune femme dans ses bras.
Lorsque les hommes furent partis, Cathy prit Sarah par le bras et la conduisit à l’intérieur.
_ « Le jour ne va pas tarder à se lever » annonça Cathy en posant le chandelier sur la grande table, près de la cheminée.
Elle alla fermer une porte, au bout de la pièce, restée entrouverte.
_ « La chambre des enfants… » Chuchota t-elle
Sarah regarda autour d’elle. La petite maison était tout ce qu’il y avait de plus modeste mais décorée avec goût. Pendant un instant, elle pensa à sa grande demeure de Gettysburg et les larmes lui piquèrent les yeux.
_ « Je vais faire chauffer de l’eau pour que vous puissiez faire votre toilette »
_ « Merci »
A cet instant, Sarah prit conscience qu’elle n’était pas des plus présentables. Sa robe de coton gris était maculée de taches et déchirée par endroit. Elle porta la main à ses cheveux et se rendit compte qu’ils étaient poisseux et plein de poussière.
_ « Cathy, j’aimerai prendre un bain et me laver les cheveux »
_ « Bien sûr, je n’osais pas vous le demander » répondit Cathy, le visage rouge de confusion. Cathy revint bientôt avec un baquet dans lequel Sarah pouvait à peine se tenir à genoux. La jeune femme croisa le regard de Sarah.
_ « Vous devez être habituée à plus de confort. Je suis désolée de ne pas… »
_ « Cathy, tout va bien. Je crois bien que j’aurais besoin de votre aide pour ne pas mettre de l’eau partout » annonça Sarah en souriant.
Cathy fut heureuse de voir qu’elle allait mieux.
Sarah regarda Cathy verser de l’eau bouillante dans le baquet, puis compléter avec de l’eau froide du seau pour la tiédir.
Sarah hésita avant de se déshabiller complètement, elle ne voulait pas mettre Cathy mal à l’aise.
_ « Venez Sarah, l’eau va refroidir »
_ « Je ne voudrais pas vous gêner, Cathy »
_ « Ne vous tourmentez pas, nous sommes entre femmes… »
Une fois lavée et séchée, Sarah enfila une robe prêtée par Cathy.
_ « Je suis contente de voir que nous faisons à peu près la même taille » annonça Cathy
_ « Pas tout à fait » répondit Sarah
En effet, le corsage de la robe de Cathy menaçait de s’ouvrir à chaque mouvement de Sarah.
_ « J’avais oublié que ma poitrine était menue, enfin sauf en ce moment » soupira Cathy en baissant les yeux vers son corsage.
Les deux femmes se regardèrent avant d’éclater de rire.
_ « Mais, vu que cette robe se boutonne sur le devant, la meilleure solution est de la laisser ouverte. Avec la jolie chemise que je porte en dessous, l’honneur est sauf »
_ « Vous allez lancer une nouvelle mode, Sarah » s’exclama Cathy en riant.
_ « J’y compte bien »
Cathy fit asseoir Sarah et lui peigna les cheveux. Ainsi lâchés sur ses épaules, ils lui arrivaient dans le milieu du dos.
_ « Vous devriez les laisser lâcher, ils sècheront plus vite » annonça Cathy
_ « Bonne idée »
Un grognement provenant de l’estomac de Sarah fit sursauter les deux jeunes femmes avant qu’elles n’éclatent de rire.
Tandis qu’elles préparaient le petit déjeuner, Cathy osa poser à Sarah la question qui lui brûlait les lèvres depuis que la jeune femme était entrée chez elle.
_ « Sarah, que s’est-il passé pour que vous vous retrouviez ici ? »
Sarah hésita un moment avant de lui raconter toute l’histoire. Cathy écoutait, captivée par ses paroles. Elle ne put retenir ses larmes lorsque Sarah parla de John.
_ « Il doit vous manquer terriblement »
_ « Je dois dire que je ne réalise pas encore »
_ « Le capitaine Rabb et vous, êtes… »
_ « Nous sommes seulement amis. »
_ « A vous entendre, on pourrait croire que vous espérez beaucoup plus »
_ « Je ne sais plus où j’en suis. J’ai seulement envie de rentrer chez moi »
_ « Je comprends. Quel âge avez-vous, Sarah ? »
_ « J’ai 34 ans et vous ? »
_ « Oh, 26 ans. Phil continue de me considérer comme une petite fille, c’est agaçant parfois… »
_ « Il joue son rôle de grand frère. Il veille sur vous »
_ « Il est encore plus protecteur quand Edward est absent »
_ « Où est votre mari ? »
_ « Il a été mobilisé il y a 5 mois. Il ne voulait pas participer à cette guerre mais l’armée ne lui a pas demandé son avis. Il venait d’apprendre que j’étais enceinte »
Cathy caressa son ventre arrondi.
_ « Vous aidez votre frère…vous savez ce qu’il fait, n’est-ce pas ? »
_ « Oui, je le sais. Mais je veux que cette guerre se termine au plus vite et que mon Edward rentre à la maison. Il me manque tellement, vous savez »
_ « Je comprends. Mais vous savez que le Sud va perdre la guerre ? »
_ « Oui, je l’ai compris très rapidement dès les premiers mois de combat. Tout était perdu d’avance »
_ «Mes parents habitent à Savannah » annonça Sarah
_ « Vous avez grandi dans le Sud ? »
_ « Oui, je suis allée vivre à Gettysburg quand je me suis mariée »
_ « Ouh, le bébé s’agite » s’exclama Cathy
Sarah s’approcha de Cathy et posa sa main sur son ventre.
_ « J’adore sentir les bébés bouger » murmura t-elle
_ « Vous avez des enfants ? »
_ « Non, malheureusement, j’aurais tellement aimé »
_ « Il n’est peut –être pas trop tard »
_ « Je crois que si j’avais dû être enceinte, çà serait fait depuis longtemps »
_ « Ne dites pas cela. J’ai une amie qui désespérait d’avoir un bébé. Cà faisait cinq ans qu’elle était mariée et toujours pas de bébé. Et puis, un jour, alors qu’elle n’y croyait plus, elle était enceinte »
_ « J’aimerai tellement que çà soit aussi facile » soupira Sarah
Des bruits dans la pièce à côté attirèrent l’attention de Cathy.
_ « Je crois que les deux monstres sont réveillés. Lorsque vous aurez passé la journée avec eux, vous risquez de changer d’avis sur la maternité » annonça Cathy en éclatant de rire.
Après avoir quitté Sarah, Harm et Phil retournèrent prêter main forte à leurs amis.
Ceux-ci étaient en train de conduire le buggy vers la mine désaffectée.
_ « Comment va Sarah ? » demanda l’amiral lorsque Harm s’approcha de lui.
_ « Il est trop tôt pour le dire, monsieur. Mais je sais que c’est une femme courageuse et je serais là pour elle. »
_ « Je n’en doute pas… »
_ « Où avez-vous emmené Sarah ? » demanda Clayton
_ « Elle est chez la sœur de Phil jusqu’à ce soir » répondit Harm
_ « Alors c’est parfait »
_ « Amiral, qu’allons-nous faire de tout cela ? » demanda Harm en désignant le buggy.
_ « Nous allons le cacher dans la mine en attendant la nuit. Nous retournerons en ville pour y passer la journée. Avant de récupérer Sarah, nous reviendrons enterrer les corps que nous avons mis dans le buggy pour l’instant. » Expliqua l’amiral.
_ « Qu’allons-nous faire du buggy et des deux chevaux ? » demanda Harm
_ « Nous allons démanteler le buggy et éparpiller les morceaux dans la mine. Personne n’ira les chercher ici. En ce qui concerne les chevaux, nous ne devons courir aucun risque. Si nous les lâchons, ils risquent de retourner à la prison d’où ils viennent. Et cela donnerait l’alerte… » Annonça l’amiral
_ « Qu’allons-nous faire ? »
_ « Phil a proposé de les mettre dans l’enclos avec ceux de ses parents en attendant notre départ. Il pourra toujours les vendre plus tard » annonça Clayton
_ « Qu’en est-il des autres hommes ? » demanda Harm
_ « Chaque homme qui nous a aidé recevra une compensation financière, cela va sans dire…. » S’exclama Clayton, avec son ton hautain habituel.
La main d’Harm lui démangea et il eut très envie d’envoyer son poing dans la figure de Clayton.
_ « Nous devrions éviter au maximum d’éveiller l’attention. Je propose de nous séparer avant d’entrer en ville et de nous retrouver ici vers 22h30. « Annonça Phil.
Tout le monde accepta et le petit groupe se sépara.
1h00 du matin
Une fois tout mis en ordre, Harm et Phil allèrent chercher Sarah. L’amiral et Clayton décidèrent de les attendre au croisement du chemin.
Harm étouffa un bâillement. Depuis le début de ce voyage, il n’avait pas passé une seule nuit entière dans un bon lit.
Harm était resté la matinée en ville. Il avait acheté des vêtements pour Sarah, un nécessaire de toilette et de quoi manger pour la journée. Il n’avait pu résister à l’envie de se rapprocher de Sarah et s’était installé sous un arbre d’où il pouvait voir la maison de Cathy. Il s’était assoupi quelques heures, la main sur son revolver, au cas où.
Lorsque Cathy ouvrit la porte et les fit entrer, Harm chercha Sarah du regard.
_ « J’ai conseillé à Sarah d’aller se coucher tôt. Etant donné qu’elle avait beaucoup de sommeil à rattraper et que le voyage allait être long, tout repos était bon à prendre. Asseyez-vous, je vais la chercher. » Annonça Cathy
_ « Attendez Cathy. J’ai acheté des vêtements pour Sarah… »
Harm lui tendit un paquet ficelé.
_ « Je vais lui donner tout de suite »
La lumière de la chandelle de Cathy disparut derrière une porte. Phil sortit deux tasses du vaisselier et y versa du café. Les deux hommes s’installèrent à table, la tasse entre leurs mains.
_ « Vous avez choisi un itinéraire ? » demanda Phil
_ « Oui, légèrement différent de celui que nous avons pris à l’aller. Nous n’allons pas nous arrêter avant d’avoir franchi la frontière nord-sud. Ensuite nous ferons une halte à Fredericksburg… »
_ « C’est juste de l’autre côté de la frontière, je crois… »
_ « En effet. Nous nous reposerons avant de repartir pour Gettysburg mais par le train cette fois… »
_ « Ce sera plus rapide et moins fatiguant » conclut Phil
_ « Capitaine Rabb… »
Harm tourna la tête.
_ « Sarah… » Murmura t-il
_ « Cà vous plait ? Lorsque Cathy m’a apporté le paquet, je pensais que vous m’aviez acheté une jolie robe… »
_ « Cà aurait été avec plaisir mais j’ai surtout pensé au voyage et il fallait une tenue pratique »
_ « Pour être pratique…je ressemble à une cow-girl… » S’exclama Sarah avant d’éclater de rire.
Harm avait acheté à Sarah des vêtements d’homme : un pantalon brun et une veste assortie, une chemise beige, une paire de bottes et un chapeau à larges bords.
_ « Mais comment avez-vous fait pour trouver ma taille ? » demanda Sarah
_ « J’ai dit au vendeur qu’il me fallait des vêtements pour un jeune homme… »
_ « Vous avez de ces idées, capitaine ! » s’exclama Cathy
Les adieux furent difficiles. Sarah ne savait comment remercier Cathy et Phil pour leur gentillesse et tout ce qu’ils avaient fait pour l’aider.
Harm savait que Clayton saurait récompenser à leur juste valeur chaque personne qui les avait aidé mais cela ne suffisait pas aux yeux de Sarah. Elle promit à Cathy de revenir la voir lorsque la guerre serait finie et qu’elle saurait lui montrer sa reconnaissance.
Ce ne fut que lorsqu’ils s’éloignèrent de la maison de Cathy que Sarah laissa librement couler ses larmes. Harm avait installé Sarah devant lui, en amazone. Ainsi la jeune femme pouvait s’appuyer contre lui et s’endormir sans risquer de tomber. C’est ce qu’elle finit par faire lorsque le sommeil l’envahit.
Environs de Fredericksburg 23 Juillet 1863, 10h00 Le petit groupe avait voyagé tout le reste de la nuit sans s’arrêter plus de cinq minutes de temps en temps pour se dégourdir les jambes. Ils étaient pressés de franchir la frontière entre le Nord et le Sud.
Lorsqu’ils atteignirent la ville de Fredericksburg, ils purent enfin se détendre. Il était convenu d’y passer la journée et de s’y reposer.
En entrant dans Fredericksburg, Harm ne put que constater les dégâts que la guerre avait laissés derrière elle. En effet, la ville avait été le siège d’une célèbre bataille en décembre 1862, remportée par les Sudistes.
Les habitants avaient, tant bien que mal, réparé ce qui pouvait l’être et tenté de redonner à leur ville un semblant de dignité. Mais on croisait encore, çà et là, des maisons délabrées, abandonnées à leur triste sort par leurs propriétaires qui s’étaient certainement enfuis plus au Nord à l’approche des troupes sudistes.
L’amiral Chegwidden fut le premier à mettre pied à terre devant l’hôtel du Nord. Il était convenu d’y rester jusqu’au lendemain matin car il n’y avait qu’un seul train pour Gettysburg et celui-ci partait de la gare de Fredericksburg à 9h00.
L’amiral se dirigea vers la réception, suivi par Harm, Sarah et Clayton.
_ « Bonjour, serait-il possible d’avoir des chambres ? »
_ « Bonjour messieurs, madame. J’aimerai savoir combien vous faut-il de chambres et connaître la durée de votre séjour » annonça la réceptionniste.
_ « Nous aurions besoin de quatre chambres. Nous partirons demain matin. » Répondit l’amiral.
_ « Très bien. Mais nous allons avoir un petit problème. Une partie de l’hôtel est en rénovation suite aux dégâts que nous avons subis il y a quelques mois. Ce qui revient à dire que nous avons un n | | |